Règle du 50 % + 1 - Layton fait l'unanimité contre lui

Québec — Quoi qu'en dise le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jack Layton, c'est la règle du 50 % + 1, inscrite dans une loi québécoise, qui s'appliquera si un troisième référendum sur la souveraineté a lieu au Québec.

C'est ce qu'ont répété hier les députés de différents partis à l'Assemblée nationale, où Jack Layton, qui tergiverse sur la reconnaissance d'un vote à 50 % + 1 en faveur de la souveraineté dans un prochain référendum, a fait l'unanimité contre lui.

«C'est à l'Assemblée nationale de décider de ces choses. On a adopté des lois sur cette question très précise», a fait valoir le ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, Pierre Moreau. «Si M. Layton, lui, a une opinion différente, il peut l'exprimer; ça ne changera rien aux règles qui s'appliquent au Québec.»

Pierre Moreau faisait référence à la loi 99 «sur l'exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois et de l'État du Québec», adoptée en 2000 pour répliquer à la loi fédérale sur la clarté. Les libéraux de Jean Charest avaient voté contre le projet de loi 99 qui inspire aujourd'hui le ministre.

La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, a accusé Jack Layton d'avoir renié «les positions qu'il a prises durant la campagne électorale». Elle a dit croire que le chef néodémocrate «découvre son vrai visage et [que] c'est très inquiétant pour le Québec». Pour Bernard Drainville, Jack Layton a l'air de «quelqu'un qui a viré capot». Le député de Marie-Victorin a dit «avoir de la misère à croire qu'un démocrate comme M. Layton ne reconnaisse plus la règle du 50 % + 1».

Même le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire, qui a voté NPD aux dernières élections, s'est montré critique de la position ambiguë adoptée par Jack Layton. Il croit que le chef néodémocrate a cédé à de «l'intimidation» et au «scepticisme» qui règne dans le reste du Canada à l'égard des demandes historiques du Québec. Il a demandé à Jack Layton de rester «ferme» et de s'en tenir à la déclaration de Sherbrooke par laquelle les néodémocrates ont confirmé le droit du Québec à l'autodétermination. Jack Layton est un «homme progressiste», a souligné Amir Khadir. «Je lui rappelle qu'un progressiste, en premier lieu, respecte la souveraineté populaire. La première leçon de souveraineté populaire, c'est qu'un peuple doit s'autodéterminer.»
 
3 commentaires
  • perro blanco - Inscrit 26 mai 2011 08 h 26

    L'unanimité?

    Quelle unanimité? Celle des journalistes qui n'ont rien d'autre à faire que de perdre leur temps et celui des autres en détournant le débat de l'actualité quotidienne pour discourir sur des hypothèses farfelues dont les probabilités sont nulles à toutes fins utiles et s'adonner à des conjectures impertinentes et malicieuses au lieu de traiter de ce qui importe pour le moment?
    À moins d'avoir rêvé, M. Dutrisac, il y a eu des élections le 2 mai, portant au pouvoir un gouvernement conservateur majoritaire dont les choix ne seront connus que graduellement mais n'en feront pas moins mal à notre démocratie, nos droits, nos acquis, nos valeurs, notre portefeuille.
    Il y a aussi une Opposition officielle néo-démocrate «fédéraliste» avec ses valeurs, sa philosophie, ses principes, son programme et son plan de match.
    Alors, au lieu de jouer le jeu des journalistes bas de gamme sensationnalistes qui ne se sentent bien que lorsqu'ils réussissent par TOUS les moyens à exacerber les émotions négatives dans la population et à semer la zizanie et la dissension en tentant d'enfarger ceux qui se proposent de défendre les intérêts du Québec dans le cadre «canadien», comme ils le feraient en toute équité des autres provinces du pays, serait-il possible de s'en tenir à ça et de surveiller la qualité et l'efficacité avec laquelle ils s'acquitteront de leur mandat, s.v.p.?
    Layton n'est pas souverainiste, les électeurs intelligents le savaient, et il n'est donc pas tenu de défendre les intérêts du Québec à la manière du Bloc ou du PQ, ni même de défendre le consensus du Québec si ce dernier entre en conflit avec sa vision du pays ou compromet le principe d'équité selon lequel il doit traiter nos partenaires de la fédération.
    Alors, la question du 50% plus 1, qui ne se posera pas selon toute vraisemblance avant 2020, peut-on la laisser de côté en attendant et «caresser» la paix à l'équipe Layton? Merci.

  • Mr. Icon - Inscrit 26 mai 2011 10 h 27

    La game.

    C'est clair que si NPD veut devenir majoritaire, il les faudrait obtenir plus de sièges ailleurs qu'au Québec. Alors, M.Layton est dans une situation précaire : comment convaincre le reste du Canada que NPD n'est pas devenu "le Bloc Orange", mais tout ça sans trop déranger sa nouvelle base québécoise. Je pense qu'on va voir une "game" entre Layton et Mulcair où Jack prend un peu de distance du Québec pour rassurer et gagner plus d'électeurs dans ROC et Thomas fait le "damage control" au Québec.

  • François Dugal - Inscrit 26 mai 2011 16 h 07

    Les gagnants

    Quand le clan fédéraliste gagne avec 50% 1, est-ce une victoire?