Réunion du caucus libéral - Le PLC décide... de ne rien décider

Bob Rae est entouré par les journalistes à son arrivée au caucus libéral hier. M. Rae, qu’on soupçonne être intéressé aux deux postes, conteste la règle voulant que le chef intérimaire du PLC ne puisse se porter candidat à la direction du parti par la suite.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Bob Rae est entouré par les journalistes à son arrivée au caucus libéral hier. M. Rae, qu’on soupçonne être intéressé aux deux postes, conteste la règle voulant que le chef intérimaire du PLC ne puisse se porter candidat à la direction du parti par la suite.

Ottawa — Le Parti libéral a une fois de plus sombré dans la «procédurite» hier en décidant de ne rien décider non seulement quant au chef intérimaire qu'il se donnera, mais aussi quant aux règles devant régir la nomination de ce chef intérimaire. La réunion de plus de sept heures n'a pas permis d'en arriver à une quelconque décision.

«Il n'y a pas de décision définitive parce que nous avons le temps», a déclaré le député réélu Ralph Goodale à la sortie de la réunion du caucus à Ottawa. Le parti estime qu'il a jusqu'au 30 mai pour se choisir un chef intérimaire. D'ici là, il consultera.

Au coeur des discussions figure la nomination d'un chef intérimaire et d'un chef permanent. Mardi soir, les représentants du Parti libéral ont transmis au caucus de députés une série de règles à respecter, notamment que le chef intérimaire soit bilingue et qu'il ne se porte pas aussi candidat à la direction du parti. Certains contestent ces règles, en premier lieu Bob Rae, qu'on soupçonne être intéressé par les deux postes.

«C'est important de respecter la constitution, et la constitution du parti dit simplement que le conseil national va nommer un chef intérimaire après avoir consulté le caucus; cette consultation commence maintenant», a expliqué hier M. Rae.

Certains sont d'accord avec M. Rae, soit Denis Coderre et les députés défaits Bernard Patry et Ruby Dhalla. M. Coderre milite pour que M. Rae devienne immédiatement chef intérimaire. Lui-même ne veut pas de ce rôle.

«Je ne sens pas que j'ai cette capacité pour l'instant. C'est pour cela que je trouve que Bob [Rae] est cette personne-là.» M. Coderre n'écarte toutefois pas la possibilité d'être candidat à la chefferie. Qu'aura-t-il acquis d'ici deux ans qu'il n'a pas déjà pour devenir chef intérimaire? «C'est un scrum, pas une thérapie!», a-t-il répondu.

Une tradition

Du côté de ceux qui approuvent la règle édictée par le PLC, on trouve Judy Sgro, David McGuinty et Scott Brison, tous trois réélus.

MM. McGuinty et Brison sont deux candidats présumés à la chefferie libérale. «Je suis d'accord, a lancé M. McGuinty. C'est une question de justice. Il s'agit de ne pas avoir d'avantages quand on est chef intérimaire et d'utiliser ces avantages pour la course à la chefferie.»

M. Brison ajoute que «c'est la tradition. Quand quelqu'un est chef par intérim, il ne se présente pas à la chefferie». De nombreuses formations politiques offrent en effet le poste de chef par intérim à une sorte d'éminence grise n'ayant aucune ambition.

Après le départ de Paul Martin en 2006, Bill Graham a occupé le poste pendant que 11 autres candidats briguaient la direction libérale. À droite, quand Preston Manning a tenté de confirmer son titre de chef en 2000 à la suite de la transformation du Parti réformiste en Alliance canadienne, il a cédé sa place, le temps de la course, à Deborah Grey. Quand Stockwell Day s'est présenté à sa propre succession en 2001, il a cédé le pouvoir à John Reynolds. Et quand Stephen Harper a brigué la chefferie du nouveau Parti conservateur fusionné, il a cédé son poste de chef allianciste à Grant Hill. Seule exception: le Bloc québécois. En 1996, Gilles Duceppe était devenu chef intérimaire après le départ de Lucien Bouchard même s'il se portait candidat à sa succession.

Par ailleurs, la question de la fusion du Parti libéral avec le NPD alimente beaucoup les conversations. Certains libéraux rejettent catégoriquement cette option (Judy Sgro, Martha Hall Finlay, David McGuinty) tandis que d'autres s'y disent ouverts (Bernard Patry et Mark Holland).

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