Médias - La soirée de toutes les surprises

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Photo: Agence Reuters Mark Blinch Les couvertures électorales des grands médias étaient en première ligne pour témoigner de l’étonnement envers la grande mutation politique.

C'était la soirée de toutes les surprises et les couvertures électorales des grands médias étaient en première ligne pour témoigner de l'étonnement envers la grande mutation politique. «J'en perds mes mots», a avoué Céline Galipeau, qui dirigeait la couverture à Radio-Canada, tandis que Pierre Bruneau et son équipe à TVA multipliaient les références aux «grands bouleversements» comme aux «transformations profondes».

L'annonce fatidique est tombée à 22h précises: le prochain gouvernement serait conservateur. Il a par contre fallu attendre encore une cinquantaine de minutes pour savoir qu'il serait majoritaire. La prochaine élection fédérale n'aura donc pas lieu avant octobre 2015 et, d'ici là, le pays sera contrôlé par les troupes de Stephen Harper.

«Tout le monde parle d'une vague orange, mais la réalité, c'est que nous avons assisté à une vague bleue qui a balayé l'Ontario et l'Ouest», a immédiatement résumé l'analyste des données de la CBC. Il ajoutait que le scénario le plus optimiste des conservateurs se réalisait.

L'ahurissement médiatique concernant la puissance de la vague orange s'est fait sentir un peu avant, dès l'ouverture légale des digues retenant les résultats. La fébrilité suscitée par l'événement historique est restée palpable jusqu'à la fin de la couverture.

Les radios et les télévisions francophones ont respecté la loi électorale imposant l'interdiction de diffuser avant 21h30 les premiers résultats, tandis que les réseaux sociaux diffusaient allègrement des données. CBC Newsworld, la chaîne d'information continue, a aussi brisé l'embargo vers 21h en diffusant un bandeau donnant une vingtaine d'élus, dont treize conservateurs.

Après une interruption expliquée par «des difficultés techniques», l'émission a repris, sans le bandeau illégal. L'animateur Peter Mansbridge a tout de même indiqué que personne n'a jamais été poursuivi pour avoir diffusé des résultats avant l'heure...

Céline Galipeau était à la barre de l'émission spéciale de Radio-Canada pour la première fois, les soirées électorales francophones ayant été animées pendant des décennies par Bernard Derome. Au cours des dernières semaines, des répétitions ont permis aux artisans à l'écran et en coulisse de huiler cette machine éprouvée qui a très bien réagi en sautant d'un quartier général à l'autre, d'un bout à l'autre du pays, tout en intégrant les explications des experts et les témoignages des candidats, élus ou pas.

TVA impressionnait avec l'efficacité de ses présentations, par exemple en diffusant en boucle les résultats canadiens et québécois. En plus, le vieux routier Pierre Bruneau dirigeait encore ses troupes avec une aisance exemplaire.

Les débats ont commencé très tôt, bien avant l'annonce des résultats. RDI avait reformé son panel à quatre experts, qui ont retourné la campagne dans tous les sens sans toutefois prévoir l'ampleur de la mutation à venir dans les heures suivantes. Assez vite, partout, à toutes les tables, les commentateurs observaient que la dynamique canadienne changeait en se réorganisant autour de la traditionnelle division droite-gauche avec l'effondrement du parti centriste libéral et la débandade quasi totale de la formation indépendantiste.
1 commentaire
  • Michel Simard - Inscrit 3 mai 2011 02 h 46

    Mais le démon séparatiste revient toujours

    Quand les néo-démpcrates auront démontré pour une 3e fois que le beau risque c'est une chimère, le Canada ne pouvant fondamentalement pas s'accommoder des spécificités du Québec. Mais que voulez-vous les Québécois aiment se faire dire non par leurs partenaires.

    Très drôle aussi cette réticence de Radio-Canada à nous annoncer un gouvernement majoritaire, parlant de frôler la majorité, alors que les réformistes étaient à 159-163 sièges depuis une dizaine ou quinzaine de minutes. Mais sans doute étaient-ils préoccupés d'avoir une job après es futures coupures! Et aucune nouvelle de l'Atlantique et de l'Ouest. Le mandat national s'atrophie déjà.