Les dix faux pas de la campagne

En politique, l’effet téflon est une qualité, dit-on. Stephen Harper en est un excellent exemple, lui qui a essuyé plusieurs controverses.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir En politique, l’effet téflon est une qualité, dit-on. Stephen Harper en est un excellent exemple, lui qui a essuyé plusieurs controverses.

L'épine Larose

C'est ce qu'on appelle un écart de langage: Gérald Larose qui qualifie Jack Layton «d'imposteur», puis les libéraux et les conservateurs de «crosseurs professionnels». Il s'est excusé, mais ses propos ont eu l'effet d'une épine dans le pied de la campagne du Bloc.

Les candidats fantômes du NPD

Une candidate québécoise qui parle difficilement le français et qui est en vacances à Las Vegas, un candidat ontarien qui se prélasse sur les plages de la République dominicaine, une candidate du Québec en voyage à Paris... Sans compter les nombreux étudiants et retraités qui portent les couleurs du NPD. Les candidats absents du NPD ont beaucoup fait jaser... Surtout parce que Jack Layton répète sans cesse qu'une personne qui ne se présente pas au travail ne mérite pas de promotion...

Lévesque et les autochtones

Roméo Saganash, chef cri et candidat néodémocrate, ne sera pas élu dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou parce que les électeurs hésiteront à voter pour un autochtone, a lancé le bloquiste Yvon Lévesque lors des premiers jours de la campagne. La dénonciation fut générale.

Dehors!

Le conseil de la campagne: ne pas se pointer dans un rassemblement conservateur sans avoir purifié le contenu de sa page Facebook. Sinon, c'est l'expulsion. Deux étudiantes ontariennes l'ont appris à leurs dépens et sont devenues le symbole de la campagne en vase clos des conservateurs.

Le slogan qui accroche

Ce fut la première question posée à Gilles Duceppe après le dévoilement du slogan du Bloc québécois: «"Parlons Québec", ça n'accrédite pas la thèse de vos adversaires qui disent que le Bloc ne peut justement faire que ça, parler?» Jack Layton, Michael Ignatieff et Stephen Harper n'ont pas manqué de le rappeler tous les jours.

Un oubli de 2,2 milliards de dollars

Le dimanche 3 avril, le Parti libéral dévoile une plateforme électorale qui ne contient pas les 2,2 milliards de dollars pour indemniser le Québec, qui a harmonisé ses taxes de vente. Un «oubli» que le parti a tenté de corriger — sans grand succès — en ajoutant la promesse en conférence de presse.

L'absence de May

Après avoir frôlé le million de votes en 2008, le Parti vert pourrait subir un recul cette année, indiquent les sondages. Elizabeth May a été très discrète durant la campagne, concentrant ses efforts dans sa circonscription en Colombie-Britannique. Si elle est élue, le pari aura été bon. Mais autrement, il pourrait coûter cher aux verts.

Le français de Larry Smith

Dans les premiers jours de la campagne, le candidat-vedette conservateur Larry Smith affirme que les jeunes ne se préoccupent plus de la défense du français au Québec. «Ça, c'est du passé», dit-il. On n'a plus revu M. Smith dans les médias par la suite.

La crédibilité verte de Layton

Le NPD pourra-t-il réaliser ses promesses en matière d'environnement? Le 25 avril, Jack Layton est forcé d'admettre que sa plateforme contient des failles, notamment sur la mise en place d'un marché du carbone. Les recettes de 3,6 milliards de dollars pourraient ne pas être au rendez-vous aussi rapidement que prévu. Oups!

Les employés embarrassants de Harper

Le chef conservateur a été plongé dans l'embarras plus d'une fois par son équipe. Sébastien Togneri, qui fait l'objet d'une enquête de la GRC, donnait un coup de main à Edmonton. Giulio Maturi, mis à la porte du parti, qui aide Agop Evereklian dans Pierrefonds-Dollard. Le directeur des communications, Dimitri Soudas, et le sénateur Leo Housakos, pour leur tentative d'ingérence au Port de Montréal. Puis, Patrick Muttart, qui a tenté de refiler au réseau Sun TV de fausses informations pour nuire à Ignatieff.