Une percée du NPD pourrait procurer une majorité à Harper

Le Devoir présente durant toute la campagne une projection précise de la répartition des sièges aux Communes, calculée à partir des sondages effectués dans tout le Canada. L'auteur, Éric Grenier, analyse les résultats tous les jours sur notre site Internet et dans le journal papier le samedi.

La campagne électorale 2011 continue d'être surprenante, contrairement à ce à quoi l'on s'attendait. Au mieux, l'intérêt de la campagne devait être la bataille entre Stephen Harper et Michael Ignatieff hors Québec, tandis qu'au Québec, le Bloc québécois dominerait, comme toujours.

Mais un peu plus d'une semaine avant le jour de vote, ce n'est plus le cas. Les libéraux et le Bloc québécois chutent dans les intentions de vote, mais pas au profit des conservateurs. En effet, quelques sondages récents placent le parti de Jack Layton deuxième au Canada (un seul sondage) et premier au Québec. C'est du jamais vu.

Dans une telle situation, la projection Le Devoir-ThreeHundredEight.com reste prudente. Il faudrait davantage de sondages, et sur une plus longue période, car la nouvelle réalité ne date que de quelques jours. Néanmoins, des signes de gains néodémocrates importants pointent.

Dans les sept derniers jours, le NPD a bondi de 1,9 point dans la moyenne des sondages nationaux. Ils en sont maintenant à 19 % d'appuis au Canada. Cela donne 36 sièges à Jack Layton, soit le même nombre qu'à la dissolution de la Chambre des communes. Mais si la tendance se maintient, les néodémocrates pourraient prendre une douzaine de sièges ou plus le 2 mai.

Des gains qui seraient faits au détriment non seulement des sièges libéraux et bloquistes, mais aussi des conservateurs hors du Québec. Malgré tout, le parti de Stephen Harper reçoit l'appui de 38,6 % des Canadiens en moyenne, un résultat presque inchangé depuis le début de la campagne. Ils remporteraient 150 sièges selon la projection, soit seulement un de moins que samedi dernier.

La montée du NPD fait mal au Parti libéral. Ils sont présentement à 27,4 % dans la moyenne des sondages nationaux et ils sont dans une moins bonne position que la semaine dernière en Colombie-Britannique, en Ontario et au Canada de l'Atlantique. Ils pourraient toutefois gagner 76 sièges, mais pourraient aussi en perdre une demi-douzaine dans les sondages des prochains jours.

En Ontario, la montée du NPD est avantageuse pour les conservateurs dans les luttes serrées, alors que le vote NPD-PLC se divise. Avec beaucoup de circonscriptions en jeu, un résultat historique pour le NPD pourrait livrer un gouvernement majoritaire aux mains de Stephen Harper.

Le Bloc souffre

Cependant, les plus grandes surprises de la soirée électorale pourraient se produire au Québec. Depuis une semaine, le Bloc a perdu 1,9 point en moyenne dans les sondages et se retrouve maintenant à 34,4 % et 45 sièges.

Le NPD est deuxième dans la province, avec 20,2 %, une hausse de 3,4 points depuis le 16 avril. Notre projection leur accorde seulement deux sièges au Québec présentement, mais quelques circonscriptions dans l'Outaouais, sur l'île de Montréal, et peut-être même ailleurs au Québec, pourraient changer de cap.

Et si les sondages qui mettent le parti de Jack Layton au premier rang au Québec se révèlent exacts, une vingtaine de sièges pourraient virer orange dans la province. Mais le NPD n'a pas une machine électorale forte au Québec, et une semaine, ça laisse beaucoup de temps.

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Collaboration spéciale
8 commentaires
  • Franfeluche - Abonné 23 avril 2011 09 h 12

    Je voterai pour le Bloc québécois

    Si nous faisons exception de la question nationale, le Bloc et le NPD ont sensiblement le même programme. Par contre, en ce qui a trait à la défense des intérêts du Québec, je fais beaucoup plus confiance au Bloc québécois qu'au NPD
    puisque ce dernier doit composer avec le reste du Canada qui n'est la plupart du temps peu réceptif à notre égard que ce soit pour des questions politiques ou économiques.

  • camelot - Inscrit 23 avril 2011 12 h 50

    Institution compétente

    Le Bloc est une force d'expérience pour le Québec. Il serait pour le moins idiot de voter pour des nouveaux venus sans expérience. En plus, comme parti fédéraliste, il ne pourra faire davatange pour le Québec, comme tous les autres partis à Ottawa.

    Il n'y a que le Bloc pour veiller aux intérêts du Québec. Votons Bloc en bloc.

    Vive le Québec libre.

  • perro blanco - Inscrit 23 avril 2011 13 h 35

    Le plus grand commun diviseur

    C'est le Bloc, c'est lui qui vient diviser le vote chez les partis dûment fédéralistes aptes à former le gouvernement. S'il ne veut pas que Harper rentre majoritaire ou minoritaire, il n'a qu'à se saborder et à laisser enfin les électeurs voter entre les partis fédéraux!
    Ça suffit de dire que voter NPD, c'est diviser le vote, alors que c'est voter Bloc qui le divise!
    Et le but d'une élection n'est-il pas d'élire un gouvernement en fonction de nos convictions et allégeances?
    Alors, pourquoi je voterais contraire à mes convictions pour bloquer l'élection d'un gouvernement parce qu'un certain petit Monsieur Duceppe l'en a décidé ainsi?
    Le Bloc entretient une dysfonction parlementaire à Ottawa et veut qu'on soit son complice pour jouer les trouble-fête, pour récupérer ensuite notre appui à SES fins à lui.
    Non merci, Ti-Gille, pas pour moi!

  • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 23 avril 2011 13 h 38

    Le scrutin uninominal est fait pour trahir l'électeur idéaliste

    La diminution du vote libéral en Ontario favorise les conservateurs.

    La diminution du vote bloquiste au Québec favorise les conservateurs.

    Le vote de centre gauche se divise qu'il soit d'origine souverainiste ou fédéraliste et permet au grand parti de droite conservateur de devenir majoritaire.
    Le complice objectif de ce gouvernement majoritaire est le NPD dont les ambitions de J.Lawton d'en faire l'opposition officielle sera le complément d'un gouvernement conservateur majoritaire.

  • lephilosophe - Inscrit 23 avril 2011 21 h 12

    À condition que...

    La plupart des mises en garde contre la division du vote se base sur une fausse prémisse: à savoir que le NPD ne va chercher des votes que chez les Bloquistes et les Libéraux. Cette démonstration n'a jamais été faite. Elle est même contredite par les coups de sonde en continu qu'effectue la firme Nanos où l'on peut très bien voir qu'en Atlantique, mais surtout en Saskatchewan et au Manitoba, les gains du NPD se font aux dépens des Conservateurs principalement. Et là, le NPD est le seul en mesure de ravir des comtés aux Conservateurs.
    Car l'électeur n'est pas toujours aussi dogmatique que le parti pour lequel il vote. Ma mère a voté à trois reprises pour l'ADQ au provincial, à deux reprises pour Harper, mais cette fois-ci elle vote NPD. Malheureusement pour elle, cela ne fera pas grand changement au niveau de son comté qui a pour député Denis Coderre... Car il y a aussi une mentalité «anti-establishment» et «anti-statu-quo» qui n'est ni de droite ni de gauche que le NPD capte à son tour.
    Et, pour une fois que c'est la gauche qui bénéficie d'un certain populisme, je ne bouderai certainement pas mon plaisir...

    Bernard Gadoua