Les partis politiques sondés sur leur programme - Harper ne répond ni aux écologistes...

Les partis ayant répondu au questionnaire des écologistes s’entendent pour mettre un prix sur les émissions de carbone, à travers un marché d’échanges de crédits d’émissions basé sur un plafond réglementaire.
Photo: Agence Reuters Peter Andrews Les partis ayant répondu au questionnaire des écologistes s’entendent pour mettre un prix sur les émissions de carbone, à travers un marché d’échanges de crédits d’émissions basé sur un plafond réglementaire.

Malgré une invitation pressante des groupes environnementaux canadiens et québécois, le Parti conservateur refuse de dire où il s'en ira en environnement s'il obtient le mandat de gouverner une nouvelle fois.

Cette politique de non-transparence ressort de la consultation lancée par différents groupes environnementaux, québécois et pancanadiens, qui ont adressé au début de la campagne électorale dix questions à tous les partis politiques.

Les questions et les réponses divulguées hier portaient sur le plan de lutte aux changements climatiques, la politique de prix du carbone, les énergies vertes, les transports, les Grands Lacs (pas le Saint-Laurent), les pétroliers géants dans le Pacifique (pas dans le Saint-Laurent ou l'Atlantique), la protection des eaux et des terres publiques, les aires protégées maritimes, les sables bitumineux et les produits toxiques dans les produits de consommation.

Les quatre autres partis ont par contre fourni des réponses sous forme d'engagements à toutes les questions. Plusieurs réponses convergent.

Par exemple, tous sauf les conservateurs s'engagent à développer et à financer une politique d'expansion des transports en commun. Le Parti libéral du Canada (PLC) propose notamment une stratégie de développement des infrastructures basée sur les bénéfices économiques à long terme. Le Bloc, qui insiste sur le respect de la compétence provinciale dans ce domaine, réclame des investissements massifs dans toutes les alternatives à l'auto. Le Parti vert du Canada (PVC) autoriserait les villes à émettre des actions pour financer ces services publics et il porterait à 5 ¢ du litre la taxe de soutien au transport en commun. Le NPD propose quant à lui une politique nationale, avec des investissements annuels de 500 millions.

Tous les partis, sauf les conservateurs, malgré leurs engagements passés, s'entendent aussi pour mettre un prix sur les émissions de carbone, à travers un marché d'échanges de crédits d'émissions basé sur un plafond réglementaire. Le PVC propose plutôt une taxe sur le carbone d'au moins 50 $ par tonne d'émissions.

Les propositions sur le développement des énergies vertes sont fort différentes, tout comme le contrôle du développement des sables bitumineux. À ce sujet, le Bloc voudrait que le fédéral limite les émissions atmosphériques des pétrolières, qui vont plutôt augmenter en raison des politiques conservatrices. En plus d'un moratoire immédiat sur le développement des sables bitumineux, le Parti vert veut contrôler les rejets toxiques dans les étangs et imposer une taxe sur le rejet de substances toxiques.

Quant aux Libéraux, ils entendent mettre fin à l'amortissement accéléré accordé aux travaux dans le secteur des sables bitumineux, qui refile en réalité son financement aux contribuables. C'est la proposition se rapprochant le plus d'un arrêt des subventions aux pétrolières, un voeu répété des organismes internationaux qu'aucun parti fédéral n'ose faire sien. Le NPD propose pour sa part d'interdire l'utilisation de lacs naturels comme dépotoirs à déchets toxiques et de protéger les aquifères et eaux transfrontalières grâce à des suivis rigoureux.

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