Layton ne croit pas que sa montée aide les conservateurs

Jack Layton était de passage au Cercle, hier, à Québec. Il s’est aussi entretenu avec le maire Régis Labeaume.
Photo: Agence Reuters Mathieu Bélanger Jack Layton était de passage au Cercle, hier, à Québec. Il s’est aussi entretenu avec le maire Régis Labeaume.

Québec — À ceux qui disent que la montée du NPD au Québec pave la voie à une majorité conservatrice, le chef néo-démocrate Jack Layton rétorque qu'il fait aussi le plein d'appuis chez les conservateurs déçus.

«Peut-être que les politologues pensent que c'est impossible pour quelqu'un qui a voté conservateur de devenir un supporter du NPD, mais ce n'est pas impossible. Pas du tout, parce que les gens cherchent du changement», a déclaré M. Layton hier lors de son passage à Québec, le premier depuis le début de la campagne.

Le moral des néo-démocrates était au beau fixe hier en raison de la sortie d'un sondage Léger-Marketing qui démontre que M. Layton est désormais le chef de parti en qui les Québécois ont le plus confiance (36 %) loin devant l'habituel favori, Gilles Duceppe (27 %).

Une enquête La Presse canadienne-Harris-Décima suggère également que les néo-démocrates ont avancé de quatre points à 19 % au pays, alors que les troupes de Stephen Harper obtiennent 36 % des intentions de vote, quatre points de moins qu'il y a une semaine. Au Québec, le NPD a quant à lui gagné quatre points dans la province, s'établissant à 15 %.

Mise en garde du Bloc

Hier, le chef du Bloc Québécois a voulu mettre en garde les Québécois contre les conséquences de la montée du NPD. «Une division du vote progressiste favorise les conservateurs. Il faut donc voter utile, et voter utile, ça veut dire voter pour un parti progressiste comme le Bloc», a-t-il argué depuis Montréal.

La bonne performance du NPD depuis le début de la campagne suscite beaucoup d'inquiétude dans les rangs bloquistes. À Québec, par exemple, les efforts du Bloc pour reprendre certaines circonscriptions aux conservateurs pourraient être compromis par une montée du NPD.

Au-delà de ces calculs, Jack Layton a cherché à convaincre les électeurs de Québec qu'ils avaient une véritable autre possibilité et s'est présenté comme le chef du renouveau. «Les gens trouvent que ça tourne en rond à Ottawa, ils veulent du changement», a-t-il martelé.

Prié de dire ce que, concrètement, il avait à leur offrir de nouveau, le chef néodémocrate s'en est tenu à des énoncés généraux. La nouveauté, d'abord, découlera de la présence de nouveaux députés du NPD, a-t-il dit avant d'ajouter que son parti allait «rassembler les gens derrière des projets intéressants» et «travailler avec le maire» ainsi que la province.

Comme M. Duceppe la semaine dernière, M. Layton a profité de son passage dans la capitale pour s'entretenir avec le maire Labeaume et s'est engagé à rendre disponibles les fonds nécessaires pour financer des projets en transport en commun notamment. Il a par ailleurs défendu un point de vue différent dans le dossier des Chantiers Davie. Ainsi, il n'est pas question pour le NPD d'intervenir dans l'appel d'offres en cours pour les lucratifs contrats de la Défense nationale. Or, M. Layton entend assurer l'avenir de l'entreprise lévisienne en injectant des milliards de dollars supplémentaires dans de nouveaux contrats de construction de navires militaires.

Le NPD veut une journée de plus pour voter


Les néo-démocrates ont par ailleurs écrit hier au Directeur général des élections du Canada pour lui demander d'ajouter une journée au vote par anticipation. Selon eux, la tenue du vote par anticipation en plein congé pascal (les 22, 23 et 25 avril) compromet l'exercice. «À une époque où le taux de participation est à son plus bas, le NPD considère qu'il est très important d'offrir aux Canadiens de voter à un moment qui leur convient», plaide le directeur de la campagne du NPD dans une lettre au DGE.
3 commentaires
  • lephilosophe - Inscrit 19 avril 2011 05 h 45

    Layton a raison

    Combien de fois n'a-t-on pas entendu cet épouvantail de la «division du vote» par les partisans du statu quo ante? Chaque fois qu'émerge du nouveau, les bénéficiaires de l'ancien parlent de division et fustige ceux qui osent défier l'ordre politique bien assis. Le blog d'Alex Castonguay arrivait à point pour Duceppe hier, qui l'a repris en entrevue à Radio-Canada. Mais, pour combien d'années encore, se contentera-t-on de «bloquer une majorité conservatrice»? Combien de temps encore les progressistes accepteront d'être tenu en otage par la seule question nationale? Il semble bien que la fin de ce temps est arrivé. Ce qui amènera le Bloc à faire un véritable effort de conscience.
    L'argument est essentiellement à l'effet que si le NPD monte, il affaiblira le Bloc, et permettra aux Conservateurs de se faufiler. Or, les comtés où cela peut se produire se compte sur les doigts d'une main (Abittibi-Beauport). Si le NPD ravit des comtés au Bloc ou aux Libéraux, le score conservateur est identique. Par contre, le NPD semble au contraire être le seul à pouvoir ravir un siège aux Conservateurs au Québec (Pontiac où trône l'ineffable Lawrence Cannon), ce que le Bloc semble incapable de faire dans la région de Québec. Les autres comtés, essentiellement en Outaouais et dans le grand Montréal, où la montée du NPD semble très significative et peut même lui amener certains espoirs de gains sont Brossard, Hull, Jeanne Le Ber, St-Lambert qui ne sont vraiment pas des comtés conservateurs.
    Autrement dit, cette prétendue analyse n'en n'est pas une basée sur la factualité et la situation réelles des comtés. Elle se fonde également sur une autre fausse prémisse, à savoir que les nouveaux électeurs néodémocrates ne proviennent que du Bloc ou des Libéraux. En tout cas, ma mère est un contre-exemple, elle votait ADQ au provincial et PCC aux dernières élections; elle votera Layton cette fois-ci. Et moi aussi...

    Bernard Gadoua

  • Gabriel RACLE - Inscrit 19 avril 2011 07 h 03

    Rappel

    Le 25 février 2011, La Presse publiait un article dont voici le début et dont il faudrait se souvenir, car la situation générale n’a guère changée.
    « Les Québécois voient d'un mauvais œil l'idée que les conservateurs de Stephen Harper puissent former un gouvernement majoritaire un jour. Par contre, une majorité d'entre eux approuve l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de coalition formé par le Parti libéral et le NPD et soutenu par le Bloc québécois.
    Un sondage CROP-La Presse réalisé du 16 au 21 février derniers permet d'évaluer le climat politique qui règne au Québec sur la scène fédérale au moment où les partis de l'opposition menacent de renverser le gouvernement Harper aux Communes en rejetant le prochain budget. Un tel front commun du Parti libéral, du Bloc québécois et du NPD provoquerait des élections générales au printemps. »
    Pour se débarrasser du gouvernement conservateur, une coalition entre ces deux partis sera nécessaire. Et les experts constitutionnels ont montré que la prétention de Hareø à vouloir former le gouvernement, s’il a plus de sièges qu’un autre parti tout en étant minoritaire, est dénuée de fondement. C’est la Chambre qui détermine la légitimité d’un gouvernement, pas le premier ministre sortant.

  • Jerry Paris - Inscrit 20 avril 2011 00 h 13

    Vote

    Votez Harper et vous aurez plus d'argent au Québec venant d'Ottawa. C'est garanti. Le Bloc nuit et tourne en rond à Ottawa.