Harper refuse d'expliquer les coupes prévues dans son programme

Acton Vale — Malgré les demandes répétées, Stephen Harper refuse toujours d'expliquer les compressions qu'il prévoit à son programme électoral qui lui permettront, plaide-t-il, de renouer avec l'équilibre budgétaire plus tôt que prévu.

Dans son programme dévoilé vendredi, le chef conservateur a promis d'éponger le déficit record de ses troupes dès 2014-2015, grâce à un «examen stratégique et opérationnel» des dépenses du fédéral.

Les troupes conservatrices n'ont toutefois toujours pas détaillé ce qu'elles entendaient retrancher. M. Harper se contente de répéter que les économies ne représenteront pas de coup dur pour les Canadiens.

Questionné à trois reprises sur le sujet, hier, il a réitéré que les compressions seraient modestes et qu'elles ne toucheraient pas les programmes essentiels, comme la santé, l'éducation ou l'aide aux aînés. Mais il a catégoriquement refusé d'expliquer les détails de son plan.

Impossible donc de savoir quels coûts opérationnels et programmes subiront le coup de hache. «Quiconque affirme que vous ne pouvez pas trouver d'argent à Ottawa sans couper les services essentiels à la population vit tout simplement dans un monde imaginaire», a lancé le chef conservateur après la troisième question sur le sujet (sur les cinq quotidiennes)

«Ce n'est pas comme ça que fonctionne le gouvernement. Il y a des inefficacités, et c'est votre travail de les trouver. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous allons continuer de faire», a-t-il fait valoir.

Dans leur dernier budget, les conservateurs rapportaient avoir économisé 200 millions en 2011-2012, grâce à leur examen stratégique des dépenses gouvernementales. Ils prévoient maintenant rassembler 4 milliards par année dans trois ans. Le programme conservateur promet en outre de trouver 11 milliards en économies, sur quatre ans, et d'éponger le déficit dès 2014-2015.

Gestion de l'offre

Stephen Harper a fait escale en Montérégie hier matin pour annoncer de nouveau des mesures pour venir en aide aux agriculteurs, contenues dans son budget et son programme électoral. M. Harper s'y engageait à créer une Stratégie nationale sur l'agriculture et l'agroalimentaire, d'une durée de cinq ans.

Il a réitéré son appui à la gestion de l'offre, arguant que le maintien de mesures protectionnistes ne présente pas de contradiction avec le libéralisme économique de son parti. «Nous avons signé nos accords de libre-échange avec huit pays en protégeant la gestion de l'offre en même temps, a-t-il dit. C'est ce que nous avons fait et c'est ce que nous ferons à l'avenir.»

À voir en vidéo