Haro sur les dérives démocratiques

Une coalition d'organisations de la société civile canadienne appelée Voices-Voix a reproché mercredi soir au gouvernement sortant de Stephen Harper en particulier, mais aussi à ceux qui l'ont précédé, de ne pas respecter l'esprit de la démocratie.

À l'occasion d'une «Journée de la démocratie», des personnalités oeuvrant dans le monde associatif et dans la défense des droits de la personne ont expliqué comment le gouvernement fédéral a, selon elles, tenté de restreindre la liberté d'expression. Entre autres choses, on a mentionné les coupes dans le financement de certaines organisations, dont des groupes de femmes, les arrestations massives lors du sommet du G20 à Toronto et l'absence de suivi aux accords de Kelowna visant à améliorer les conditions de vie des autochtones.

On a aussi évoqué la crise survenue l'an dernier à l'organisation Droits et Démocratie et rendu un hommage posthume à son ancien président, Rémy Beauregard, décédé durant cette crise. «Ceux et celles qui connaissaient Rémy savent que ce dernier n'a jamais été raciste et, encore moins, terroriste ou antisémite», a soutenu sa veuve, Suzanne Trépanier, dans un émouvant témoignage. Mme Trépanier continue de réclamer le retrait des «documents mensongers» du dossier d'évaluation de son défunt mari ainsi que le remplacement des membres du conseil d'administration et du nouveau président de Droits et Démocratie.

Pour l'avocat Julius Grey, la crise à Droits et Démocratie reflète la tendance de Stephen Harper à tout politiser. «Il a transformé une organisation apolitique en organisation partisane», a-t-il soutenu.

La conférence de mercredi soir réunissait aussi des représentants d'Amnistie internationale, de la Fédération des femmes du Québec, du Conseil québécois des gais et lesbiennes et du Centre justice et foi.

La coalition Voices-Voix, qui regroupe plus de 200 organisations, a demandé aux différents partis politiques de prendre certains engagements, tels que: réformer la Loi sur l'accès à l'information; rétablir l'obligation de remplir la version longue du recensement; enquêter sur la violence au sommet du G20 à Toronto; instaurer la transparence dans l'attribution des subventions aux ONG. Les quatre partis d'opposition: le Parti libéral, le Nouveau Parti démocratique, le Bloc québécois et le Parti vert, ont répondu par l'affirmative, tandis que les conservateurs n'ont pas répondu, a-t-on appris mercredi.
4 commentaires
  • Fabien Nadeau - Abonné 9 avril 2011 06 h 15

    Oui!

    Je suis heureux de cette intervention. L'électeur moyen manque de ressources pour exprimer ce qui cloche, selon lui, dans la tête du candidat Harper. Voices-Voix nous donne les mots qu'il faut.

    Et pose des questions qui ne trouveront jamais leur chemin dans les points de presse du premier ministre. De toute manière, M. Harper a montré qu'il est habile au hockey-balle. Il frappe la balle et fini! On ne la retrouve plus.

  • Roland Berger - Inscrit 9 avril 2011 10 h 23

    Bravo !

    Bravo à Voices-Voix ! Ces gens ne veulent pas voir le Canada devenir la victime de fanatiques religieux qui entendent imposer leur vision morbide du monde. Encore bravo !
    Roland Berger

  • Pierre Rousseau - Abonné 9 avril 2011 10 h 51

    Effectivement...

    L'administration Harper a entraîné le Canada dans une dérive démocratique qui ne semble préoccuper à peu près personne durant cette campagne électorale. On dirait que ces groupes crient dans le désert et que les partis politiques évitent soigneusement de parler de cette dérive anti-démocratique.

    Il faut se rappeler que le gouvernement Harper ne représentait pas la majorité des Canadiens et il est très improbable qu'il passe la barre du 50% lors de cette élection. Néanmoins, ce gouvernement gère le pays selon son idéologie de droite, contrairement au vote de la majorité. Où sont les politiciens de l'opposition et pourquoi personne ne parle de cette dérive?

  • Olivier Spéciel - Inscrit 9 avril 2011 23 h 31

    Engagements partisans

    a)Respecter l'esprit et les lettres de la démocratie
    b)
    c) Réformer la Loi sur l'accès à l'information;
    d) Rétablir l'obligation de remplir la version longue du recensement;
    e) Enquêter sur la violence au sommet du G20 à Toronto;
    f) Instaurer la transparence dans l'attribution des subventions aux ONG;
    g) (...)