May comprend Laraque

Pas d’avion ni d’autobus: c’est en train qu’Elizabeth May mène sa campagne minimaliste. Elle était de passage à Montréal hier.
Photo: - Le Devoir Pas d’avion ni d’autobus: c’est en train qu’Elizabeth May mène sa campagne minimaliste. Elle était de passage à Montréal hier.

Les propos de Georges Laraque sur l'inutilité de l'élection actuelle ne reflètent pas la position du Parti vert, mais ils sont représentatifs de ce que pensent une majorité de citoyens, estime Elizabeth May.

De passage à Montréal pour la première et seule fois de la campagne électorale, Mme May a refusé hier midi de blâmer son chef adjoint. «J'ai invité Georges à travailler avec nous parce qu'il est très représentatif des gens qui ne pensent presque rien de la politique», a-t-elle commenté.

Selon la chef du Parti vert, M. Laraque «est en accord avec beaucoup de Canadiens qui se demandent pourquoi on a une élection alors que les autres partis n'offrent rien de nouveau ou d'important». Dans Le Devoir d'hier, Georges Laraque affirmait c'était une «vraie honte qu'on soit en élection», que celle-ci est «inutile» et représente un «gaspillage de 300 millions».

M. Laraque a ajouté que «rien ne va changer. On risque de voir Stephen Harper diriger un gouvernement majoritaire. Les conservateurs vont gagner, ils sont trop forts». Au sujet du budget Flaherty — que le Parti vert a dénoncé —, M. Laraque ne l'estime «pas si pire que ça».

Des propos qu'Elizabeth May n'endosse pas... mais ne contredit pas non plus. «Je crois que chaque élection est importante, dit-elle. Mais peut-être que Georges a raison, et qu'on aura un autre gouvernement minoritaire, à la seule différence qu'il y aura des verts à la Chambre». Au final, elle juge que M. Laraque a été «vraiment honnête».

Mme May a ajouté que le refus du consortium des télédiffuseurs de l'inclure dans les débats des chefs ne peut qu'ajouter au cynisme de certains envers le processus électoral. Mais il ne fera pas en sorte de changer sa stratégie de campagne, qui consiste à consacrer l'essentiel de son temps à sa circonscription de Colombie-Britannique.

«C'est impossible de satisfaire tout le monde, dit-elle. En 2008, j'ai passé la majorité du temps en dehors de la circonscription. Mais on me disait: "Pourquoi vous ne faites pas de porte-à-porte pour gagner votre siège?". Là, j'opte pour une stratégie différente, et on me reproche de ne pas mener une vraie campagne nationale... Mais nous avons 308 candidats!»

Venue de Toronto par train — une vingtaine de personnes l'attendaient à son arrivée —, Mme May a participé en fin de journée à une manifestation prodémocratie en compagnie de Georges Laraque. Elle poursuit son voyage jusqu'à Halifax, avant de rentrer en Colombie-Britannique.

À voir en vidéo