Assurance-emploi: les Sans-Chemises s'invitent dans la partie

Roger Valois, vice-président de la CSN, a qualifié de «vol» le détournement des surplus de la caisse d’assurance-emploi vers le budget de fonctionnement du gouvernement fédéral. <br />
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Roger Valois, vice-président de la CSN, a qualifié de «vol» le détournement des surplus de la caisse d’assurance-emploi vers le budget de fonctionnement du gouvernement fédéral.

Vous avez probablement remarqué depuis quelques jours ces drôles d'affiches «électorales» qui représentent la tête dessinée de Stephen Harper avec le slogan: «Un changement à l'assurance-emploi? Penses-y même pas.»

Ces publicités ont été produites par un groupe «tiers» enregistré auprès d'Élections Canada, les Sans-Chemises, qui réclament des prestations d'assurance-emploi plus généreuses pour les chômeurs et une plus grande accessibilité à celles-ci, tout en dénonçant l'appropriation par le gouvernement fédéral des surplus milliardaires de la caisse du régime.

Seulement 43,6 % des chômeurs ont actuellement droit aux prestations, a affirmé France Bibeau, une économiste spécialisée dans ces questions, dans une vidéo projetée au cours d'une conférence de presse hier matin à Montréal. Le ratio est beaucoup plus bas pour les femmes et les jeunes, parce qu'ils occupent souvent des emplois «atypiques» qui les disqualifient, notamment en raison d'un nombre d'heures travaillées trop faible.

Avant que les règles de l'assurance-emploi ne soient changées au milieu des années 1990, c'est près de 80 % des chômeurs canadiens qui étaient indemnisés.

«Pas un candidat, pas un chef ne parle de ça. Si les partis ne font pas leur job, on va la faire à leur place», s'est indigné Roger Valois, vice-président de la CSN, qui aussi a qualifié de «vol» le détournement des surplus de la caisse d'assurance-emploi, constitués par les cotisations des salariés et de leurs employeurs, vers le budget de fonctionnement du gouvernement fédéral.

Quatre centrales

Les Sans-Chemises constituent un groupe «tiers» en vertu de la loi électorale canadienne, c'est-à-dire qu'ils peuvent promouvoir une cause et les candidats qui paraissent le défendre, tout en se soumettant à un contrôle de leurs dépenses. Il est constitué de quatre centrales syndicales — la CSN, la FTQ, la CSD et la CSQ — ainsi que du Comité national des chômeurs, lequel fédère des regroupements régionaux de sans-emploi. La coalition était déjà intervenue lors des trois campagnes électorales fédérales qui ont eu lieu depuis 2004.

Les Sans-Chemises revendiquent en outre une augmentation «notable» du taux des prestations, une plus longue période de prestations, l'abolition du délai de carence et une «réelle caisse autonome».

«Le gouvernement compte aller chercher, entre 2012 et 2016, de nouveaux surplus d'environ 12 ou 13 milliards à même les cotisations d'assurance-emploi des salariés et des employeurs», a affirmé à ce sujet Michel Bédard, ex-actuaire du Programme d'assurance-emploi, dans une autre vidéo présentée lors de la même conférence de presse. M. Bédard a également reproché au gouvernement Harper de s'être «définitivement emparé» en 2010 de la réserve de 57 milliards du régime d'assurance emploi, dans laquelle les gouvernements précédents n'avaient d'ailleurs pas hésité à puiser.
4 commentaires
  • Monsieur Pogo - Inscrit 4 avril 2011 08 h 06

    Social-démocrate de droite...

    «Pas un candidat, pas un chef ne parle de ça»

    Même pas le Bloc québécois ?

    Voilà notamment pourquoi je rigole, quand on prétend que le Bloc est social-démocrate.

  • Monsieur Pogo - Inscrit 4 avril 2011 08 h 25

    Même pas le Bloc québécois ?


    Voilà notamment pourquoi je rigole, quand on prétend que le Bloc est social-démocrate.

  • Archange Gabriel - Inscrit 4 avril 2011 16 h 46

    Bloc?

    Je vote pour le Bloc. Mais je pense que Gilles Duceppe et quelques autres devraient venir défendre le Québec dans l'arène québecoise.
    Quand on veut être missionnaire en Afrique, on habite pas une chambre au Château Frontenac.

    C'est ici que ça se passe. Le pays du Québec ne se fera pas à Ottawa.
    Surtout aux prochaines élections provinciales avec la mafia au pouvoir.

    Une élection référendaire avec Duceppe comme maître d'oeuvre.
    L'heure est critique et l'occasion rare.

  • soeurette - Inscrit 4 avril 2011 17 h 15

    QUI DOIT PARLER EN CAMPAGNE ÉLECTORALE?

    Quand on découvre tous les dessous de notre système politique (exemple, entre autres:les Sans-Chemises), j'aimerais que les premières semaines d'une campagne électorale soient réservées aux groupes et organismes qui nous informeraient des mensonges et des vérités des derniers 4 ans (comme lors des séances du BAPE, quand les organismes présentent des mémoires). Et la dernière semaine serait réservée aux chefs des partis pour répondre aux questions du peuple. Pour avoir des idées comme ça, je dois venir d'une autre planète.