Evereklian embarrasse à son tour le PC

Stephen Harper était de passage hier dans la circonscription de Pierrefonds-Dollar, où environ 750 partisans s’étaient déplacés pour l’entendre.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Stephen Harper était de passage hier dans la circonscription de Pierrefonds-Dollar, où environ 750 partisans s’étaient déplacés pour l’entendre.

Dure journée hier pour le candidat conservateur de Pierrefonds-Dollard, Agop Evereklian: non seulement a-t-il dû congédier son directeur de campagne, Giulio Maturi, mais il a aussi été révélé que M. Evereklian a été condamné en 2005 pour une histoire de fraude.

La Presse canadienne a dévoilé en soirée que le candidat Evereklian a été condamné à rembourser 30 000 $ à une ancienne partenaire d'affaires pour avoir «abusé» d'elle en signant deux chèques qu'il savait être sans fonds alors que son entreprise se dirigeait tout droit vers la faillite.

Ancien propriétaire d'un concessionnaire Kia, M. Evereklian a acheté en avril 2004 une voiture d'un autre concessionnaire pour la revendre à un client — une pratique courante dans l'industrie. Le premier chèque de 29 632 $ qu'il a fait à Kia Gabriel lui a été retourné avec la mention qu'il était sans provision. Le second chèque, du même montant, a lui aussi été refusé, cette fois-là avec la mention «compte fermé».

«Le défendeur savait qu'il avait pour plus de 2 millions de dollars de dettes lorsqu'il a contracté avec la demanderesse, avait écrit le juge de la Cour du Québec. Il savait que le premier chèque ne pouvait pas être encaissé. Il le savait encore davantage pour le deuxième, puisque le compte était fermé. Le défendeur a abusé de la défenderesse.»

Agop Evereklian, un ancien libéral en qui les conservateurs fondent de grands espoirs pour le 2 mai, a remboursé Kia Gabriel en totalité et n'a finalement pas déclaré de faillite personnelle.

Maturi chassé


La journée d'hier aura donc été chargée pour M. Evereklian, qui a dû remercier son directeur de campagne et qui a reçu en soirée la visite du chef conservateur pour un rassemblement partisan.

Stephen Harper a annoncé en après-midi que Giulio Maturi avait été chassé de l'entourage du Parti conservateur pour la seconde fois en un an et demi. Cela faisait suite à un article du Devoir révélant que M. Maturi agissait comme directeur de campagne pour M. Evereklian. Sitôt la décision de M. Harper connue, son nom a été retiré du site Web du candidat.

«Je ne connais pas les détails de cette situation, mais on m'a dit que ce gars n'est plus bénévole dans notre campagne», a confirmé Stephen Harper. C'était la deuxième journée consécutive que le premier ministre sortant faisait une annonce de ce type, Sébastien Togneri ayant précédé Giulio Maturi sur la ligne de touche des bleus.

La GRC mène actuellement une enquête pour déterminer si des accusations doivent être portées contre M. Togneri pour avoir bloqué sans autorisation une demande d'accès à l'information.

M. Maturi a quant à lui été mêlé en 2009 aux allégations de l'ancien chef de Vision Montréal, Benoit Labonté, qui a affirmé qu'il avait tenté de le convaincre d'utiliser quatre organisateurs payés par une entreprise privée pour organiser sa campagne à la mairie, ce qui est illégal. M. Labonté affirmait avoir été présenté à M. Maturi par le sénateur Léo Housakos et l'entrepreneur Tony Accurso. Le Parti conservateur avait alors rompu ses liens avec Giulio Maturi, qui agissait comme organisateur.

Pas de commentaires

Agop Evereklian a refusé de répondre aux questions des médias hier soir, alors qu'environ 750 partisans conservateurs s'étaient déplacés pour entendre Stephen Harper. Léo Housakos était présent, de même que Larry Smith, qui a lui aussi refusé de répondre aux questions des journalistes, deux jours après avoir déclenché une controverse linguistique.

Le rassemblement des conservateurs a permis à Stephen Harper de courtiser les nombreuses communautés culturelles qui peuplent cette circonscription. M. Harper a notamment soutenu que les conservateurs sont plus ouverts à l'immigration que les libéraux.

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Avec la collaboration d'Alec Castonguay

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Avec La Presse canadienne

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