Duceppe veut «parler Québec»... et souveraineté

Gilles Duceppe estime que «les gens savent» que le Bloc québécois est souverainiste, et qu’il n’évacue pas cette question en refusant d’en faire un thème précis. Son slogan «Parlons Québec» se décline en 5 thèmes: «parlons vérité», «parlons juste part», «parlons régions», «parlons solidarité» et «parlons culture».<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gilles Duceppe estime que «les gens savent» que le Bloc québécois est souverainiste, et qu’il n’évacue pas cette question en refusant d’en faire un thème précis. Son slogan «Parlons Québec» se décline en 5 thèmes: «parlons vérité», «parlons juste part», «parlons régions», «parlons solidarité» et «parlons culture».

Si ce n'est pas écrit, c'est que tout le monde le sait: Gilles Duceppe a repoussé hier les critiques soulignant que la campagne publicitaire du Bloc québécois ne dit mot de la souveraineté. Celle-ci sera au cœur du message bloquiste, a promis M. Duceppe.

Ce dernier a dévoilé ce matin le slogan électoral du Bloc, «Parlons Québec». Cinq sous-slogans se greffent au thème général: «parlons vérité» (outrage au Parlement et contrôle de l'information à Ottawa), «parlons juste part» (les conservateurs favorisent l'Ouest, l'Ontario et les Maritimes, affirme le Bloc), «parlons régions» (une dénonciation de l'aide accordée à l'industrie automobile ontarienne, par rapport au secteur forestier au Québec), «parlons solidarité» et «parlons culture».

Mais «parlons souveraineté»? Non. Mais comme c'est intrinsèque, il n'y a pas lieu de l'écrire, affirme Gilles Duceppe. «On va en parler dans tout ça et dans chacun de mes discours, a-t-il dit, un peu ulcéré. Nous sommes un parti souverainiste. On va proposer qu'on en parle au débat, et les autres vont refuser et nous accuser ensuite de ne pas vouloir en parler...»

M. Duceppe estime que «les gens savent» que le Bloc québécois est souverainiste, et qu'il n'évacue pas cette question en refusant d'en faire un thème précis.

Sur le fond, la campagne du Bloc permettra «d'exprimer qui nous sommes et comment nous sommes», dit Gilles Duceppe. Mais elle sera aussi l'occasion de «parler» du bilan des conservateurs.

«Les conservateurs ont érigé le mensonge et la tromperie en système, et on va en parler. Nous allons parler vérité», a lancé M. Duceppe depuis les locaux du Bloc québécois à Montréal. Et à ceux qui diront que le Bloc ne peut justement faire que ça, parler (au lieu d'agir), M. Duceppe rétorque qu'il s'agit là d'une conception étroite de la démocratie, où «les citoyens nous délèguent le pouvoir de parler en leur nom.»

M. Duceppe a par ailleurs esquissé un grand sourire lorsqu'il a été interrogé sur la campagne que mènera le conservateur Christian Paradis à travers le Québec. «La dernière fois, c'était Jacques Gourde et Michael Fortier. Gourde a été remplacé, et Fortier n'est plus là. Ils auraient peut-être pu mettre Larry Smith...»
4 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 29 mars 2011 08 h 28

    Parlons-en c'est nécessaire.

    Il n'y a pas que l'économie qui compte.

    Il y a aussi des choses importantes dont il faut aussi parler:

    Que penser d'un gouvernement et d'un premier ministre qui ont instauré le mensonge en système?

    Que penser des différences de traitements entre le Québec et les autres régions du Canada?

    Que penser d'un gouvernement qui sous-finance la culture propre au Québec?

    Nous du Québec, face à tout ça, et j'en passe, que devons-nous faire? Ne devons-nous pas faire preuve de solidarité?

    Ne devons-nous pas nous interroger sérieusement sur la façon dont nous voulons agir pour l'avenir?

    Ne devons nous pas considérer sérieusement l'option de faire du Québec un pays souverain?

    Voilà, si je comprends bien ce dont le Bloc a l'intention de parler au cours de cette campagne électorale.

    Et il a bien raison. N'est-ce-pas?

  • Henry Fleury - Inscrit 30 mars 2011 04 h 59

    Parlons Qc, Votons BQ !

    Il faut bien dire les choses et il faut en parler du Qc. À l'heure où plusieurs sont à penser que la «proposition Crémazie» est liée au concours de la STM pour trouver un nom à son service de métro, il est important, comme le fait le Bloc, de parler franc. Le PQ nous a tant habitués, ces dernières années, à tant rouler les R (il roule même les P) pour éviter de parler Qc, que le slogan du Bloc nous arrive comme un bouquet de fleurs du printemps. Parlons Qc, votons BQ !

  • Pierre Schneider - Abonné 30 mars 2011 06 h 48

    Dans le Qc

    Parle parle, jase, jase, mais peu de gestes concrets pour que se réalise l'indépendance du Québec. Le bloc est tellement embourbé dans les affaires fédérales qu'il en oublie l'Indépendance du Québec.

    Pas trop génial aussi de réduire notre future république à un simple QC. Comme dans les envois timbrés fédéraux où nous ne sommes qu'une succursale dirigée par un centre décisionnel sur lequel nous n'avons pas le contrôle.

    Voter pour cautionner le fédéralisme et non le briser comme en était la mission première, non merci. J'ai assez donné, je ne marche plus.

  • Laurent Desbois - Inscrit 30 mars 2011 08 h 57

    Le conservateur Larry Smith au sujet de la protection du français

    Le conservateur Larry Smith au sujet de la protection du français

    M. Larry Smith était Président et chef de la direction des Alouettes ……. Mais ce qu’on dit rarement et ne l’oublions pas …..avant, il était à la direction du quotidien montréalais The Gazette .

    La position éditoriale de The Gazette concernant la langue française est connue…. Cela dit tout concernant ce charmant coach de football de McGill !!