Le Bloc trop montréalais? - Un «illogisme», dit Duceppe

Larry Smith, candidat conservateur dans la circonscription montréalaise de Lac-Saint-Louis, dit ne pas se formaliser de la stratégie axée sur les régions de son parti.
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Larry Smith, candidat conservateur dans la circonscription montréalaise de Lac-Saint-Louis, dit ne pas se formaliser de la stratégie axée sur les régions de son parti.
En entrevue avec Le Devoir, l'ancien président des Alouettes a dit ne pas se formaliser de la stratégie axée sur les régions de son parti. Larry Smith ajoute même son grain de sel dans ce débat délicat en affirmant que Gilles Duceppe représente la vieille garde aux yeux de la jeune génération des 25-40 ans, même en ce qui a trait à la langue. «Ce qui est important, c'est le monde, pas la protection des francophones au Québec», a-t-il dit en français.

Dimanche, un communiqué de presse virulent du Parti conservateur est tombé. Le titre ne laissait aucun doute: «Un vote pour Duceppe, c'est un vote contre les régions: Christian Paradis met les régions en garde contre l'obsession métropolitaine de la coalition broche à foin.»

Le ministre Paradis, pourtant responsable de Montréal à la table du cabinet, ajoutait qu'une «coalition» menée par Ignatieff et Duceppe serait «obsédée par les enjeux métropolitains».

Sur Twitter, l'entourage du chef conservateur ne s'est pas gêné pour ridiculiser les valeurs trop «urbaines» des autres partis, soulignant à gros traits que MM. Duceppe et Ignatieff ont lancé leurs campagnes à Montréal.

Hier matin, Gilles Duceppe a dit trouver ces attaques étranges. «M. Paradis ne s'est pas rendu compte que 75 % de nos députés sont en région? Il n'a pas compris ça? Un certain illogisme l'habite.»

Les candidats conservateurs Agop Evereklian (Pierrefonds-Dollard) et Larry Smith (Lac-Saint-Louis) sont pourtant au centre de courses serrées dans l'ouest de l'île de Montréal et tentent de démontrer que leur parti a à coeur les intérêts de la métropole.

Interrogé par Le Devoir hier, Larry Smith a dit ne pas être mal à l'aise avec la stratégie de son parti. «Le bilan de Harper montre qu'il a favorisé toutes les régions du Québec», a-t-il d'abord soutenu, donnant en exemple le Quartier des spectacles, à Montréal. «Je suis fier d'être de Montréal, mais je connais aussi très bien toutes les régions», ajoute-t-il.

M. Smith, qui a démissionné du Sénat pour faire campagne, affirme que son message aux électeurs de sa circonscription est limpide. «La question n'est pas "qui va gagner?", mais "est-ce que les conservateurs seront minoritaires ou majoritaires?". Donc, on va gagner. Est-ce que vous voulez quelqu'un autour de la table du cabinet de l'équipe gagnante?»

Larry Smith ajoute que Gilles Duceppe ne représente pas l'avenir. «M. Duceppe a protégé les droits des francophones depuis des années, mais les gens veulent avoir plus qu'un protecteur, dit-il. Ils veulent avoir un homme qui développe les opportunités pour les Québécois, spécialement les jeunes entre 25 et 40 ans. Pour cette génération, la chose importante, c'est le monde, pas la protection des francophones au Québec. Ça, c'est du passé. M. Duceppe est défensif [sur ce sujet], mais on a besoin d'offensive. M. Duceppe n'est pas capable de faire ça. Les mentalités commencent à changer.»

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