Coalition: Harper justifie sa lettre de 2004

Ottawa — Malgré les critiques essuyées dimanche, le chef conservateur Stephen Harper ne se laisse pas démonter: il continue d'accuser libéraux, néodémocrates et bloquistes de vouloir usurper le pouvoir après une élection en formant une coalition. Il admet toutefois que sa lettre de 2004 adressée à la gouverneure générale visait à faire faire à Paul Martin ce qu'il s'est refusé, lui, à faire: s'asseoir avec l'opposition pour négocier des compromis.

M. Harper a refusé hier de reconnaître que son gouvernement a été défait pour avoir été déclaré coupable d'outrage au Parlement. Il prétend que le seul outrage à la démocratie commis est celui de cette coalition possible.

Il a cependant dû expliquer ce qu'il avait en tête en septembre 2004 lorsqu'il a demandé à la gouverneure générale par lettre de considérer toutes les «options» avant de déclencher des élections si Paul Martin devait perdre la confiance de la Chambre des communes.

«L'option était très claire. En tant que chef de l'opposition officielle, je cherchais à mettre de la pression sur le gouvernement pour influencer son agenda sans le renverser et le remplacer. Rappelez-vous que Paul Martin avait dit qu'il considérerait tout changement à sa politique, aussi petit soit-il, comme une question de confiance [...]. Je voulais que la gouverneure générale vienne me voir et je lui aurais dit que nous n'essayions pas de renverser le gouvernement et que tout ce que M. Martin avait à faire, c'était de s'asseoir avec nous pour trouver une solution.»

Le chef bloquiste Gilles Duceppe dément. «On ne va pas laisser M. Harper faire campagne sur un mensonge gros comme le bras, continuer à prétendre que l'idée même de coalition est illégitime, a-t-il lancé. C'est ce qu'il voulait en 2004, et tant qu'il ne dira pas la vérité, on va en parler.» En signant cette lettre, M. Duceppe s'engageait à écouter un discours du Trône qui serait prononcé par M. Harper.

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Avec la collaboration de Guillaume Bourgault-Côté