Les armes de destruction massive en Irak - Chrétien ne se réjouit pas des difficultés de son voisin Bush

Le premier ministre Jean Chrétien et le président du Chili, Ricardo Lagos, estiment que la diminution des subventions aux agriculteurs contribuerait à rendre les nations plus pauvres plus concurrentielles.
Photo: Agence Reuters Le premier ministre Jean Chrétien et le président du Chili, Ricardo Lagos, estiment que la diminution des subventions aux agriculteurs contribuerait à rendre les nations plus pauvres plus concurrentielles.

Shawinigan - Le premier ministre Jean Chrétien ne tire pas satisfaction des problèmes politiques qu'éprouve l'administration américaine, sur la défensive à cause de son incapacité à trouver des armes de destruction massive en Irak.

Selon M. Chrétien, le refus du Canada de se joindre à l'invasion de l'Irak menée par les Américains signifie aussi qu'il n'a pas à rendre des comptes pour l'absence de preuves de l'existence de telles armes. «Ce n'est pas à moi de commenter, parce que nous avons décidé de ne pas y aller», a-t-il dit aux journalistes après sa rencontre avec le président du Chili, Ricardo Lagos, en visite pour deux jours au Québec.

M Chrétien a déclaré avoir été clair sur son refus d'appuyer des opérations militaires en Irak à moins qu'une résolution des Nations unies n'autorise une telle intervention.

Le Canada contribuera à la reconstruction de l'Irak, mais le pays enverra aussi le mois prochain 1800 soldats pour poursuivre la lutte contre le terrorisme en Afghanistan, a-t-il dit. «Nous serons là pour la reconstruction, mais la plus grande partie de notre effort [...] sera en Afghanistan.»

En tant que membre du Conseil de sécurité des Nations unies, le Chili a tenté, comme le Canada, de promouvoir une approche multilatérale face au dictateur Saddam Hussein. Mais le président chilien a reconnu que le Conseil de sécurité des Nations unies n'a pas été à la hauteur des attentes. «Il me semble que, dans le cas de l'Irak, cela a été un échec de notre part à tous, les membres du Conseil de sécurité», a commenté le président Lagos.

En plus d'être d'accord sur la question de l'Irak, MM. Chrétien et Lagos ont travaillé ensemble sur la question du commerce international, l'un des principaux dossiers à l'ordre du jour de leur rencontre d'hier.

Les deux leaders estiment que les grandes puissances économiques mondiales doivent collaborer pour aider les nations les plus pauvres à devenir concurrentielles sur le marché mondial — particulièrement en réduisant les subventions destinées à leurs agriculteurs.

Les fermiers européens et américains survivraient à une réduction de leurs subventions, tout comme les fermiers canadiens l'ont fait, malgré une baisse considérable de l'aide, a dit M. Chrétien.

Favoriser le libre-échange dans les Amériques, par exemple, aiderait aussi les pays pauvres à hausser leur niveau de vie, a poursuivi le premier ministre.

«Nous, les pays développés, nous avons versé 350 milliards de dollars en subventions aux agriculteurs du monde industrialisé et nous donnons seulement 50 milliards en aide internationale, a-t-il souligné. Une bonne façon d'aider les nations pauvres est d'acheter leurs produits. Ce n'est pas faire la charité.»

M. Lagos a abondé en ce sens, ajoutant que les pays latino-américains veulent un commerce équitable plutôt que simplement recevoir de l'aide.