Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Forte avance de Harper au Canada

Stephen Harper
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Stephen Harper

À l'approche d'un possible déclenchement électoral sur le front fédéral, le Parti conservateur jouit d'une forte avance et frappe à la porte d'un gouvernement majoritaire, selon un nouveau sondage pancanadien Léger Marketing-Le Devoir. L'Ontario sourit aux troupes de Harper, alors qu'au Québec, le refus de financer l'amphithéâtre cause des ennuis au PC dans la région de la capitale.

Le coup de sonde, qui a été mené auprès de 2153 personnes au Canada, montre que le Parti conservateur récolte 36 % des intentions de vote, loin devant le Parti libéral du Canada, crédité de 23 %. Le NPD est à 18 %, suivi du Parti vert du Canada, à 10 %.

Le seuil des 40 % nécessaires à l'obtention d'un gouvernement majoritaire n'est pas atteint pour Stephen Harper, mais il pourrait s'avérer inutile, affirme Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing. La force des conservateurs en Ontario, où il récolte 41 % des intentions de vote, contre 27 % au PLC et 20 % au NPD, pourrait être suffisante si le PC augmente encore légèrement son avance dans cette province cruciale.

«Harper n'est pas à 40 %, mais son avance de 13 points au pays est considérable, dit-il. Et en Ontario, où beaucoup de sièges sont en jeu, les conservateurs font mieux qu'aux dernières élections. Encore un ou deux points, et la majorité sera à portée de main. Le fractionnement du vote entre le PLC et le NPD avantage Harper.»

Depuis le début du mois de janvier, tous les sondages montrent une bonne avance du Parti conservateur sur le Parti libéral, affirme Christian Bourque. «La tendance est lourde et se confirme dans notre coup de sonde.»

Le sondage a été mené entre le 7 et le 10 mars, soit au moment où le gouvernement Harper a été blâmé par le président de la Chambre des communes et où le directeur parlementaire du budget a affirmé que la facture réelle des avions de chasse F-35 atteindrait 29 milliards de dollars. La tempête Bev Oda venait également de passer. Malgré tout, les conservateurs ne semblent pas en souffrir.

«Le Parti libéral, le NPD et le Bloc attaquent avec les dossiers de respect des institutions et de l'intégrité, c'est de bonne guerre, dit Christian Bourque. Mais, électoralement, ça ne semble pas toucher les gens. Les conservateurs parlent d'économie, et c'est une meilleure poignée électorale. Pendant ce temps, les publicités négatives de Harper pilonnent Ignatieff, et ça lui fait mal.»

Les partis d'opposition menacent de renverser le gouvernement lors du vote de confiance sur le budget, qui sera déposé le 22 mars. Est-ce une bonne idée? À cette question posée aux Québécois seulement, 43 % ont répondu «oui», contre 34 % qui ne souhaitent pas voir le gouvernement être renversé. Environ 23 % ne savent pas ou ont refusé de répondre. «Il n'y a pas de vague anti-Harper, même au Québec. Les gens sont plutôt indifférents, la majorité ne réclame pas d'élections», dit Christian Bourque. Au Québec, le coup de sonde a été mené auprès de 1005 personnes.

Le financement du nouveau Colisée divise

Par contre, dans la région de Québec, le rejet du nouveau Colisée par le gouvernement fédéral cause un ressac. Le Bloc québécois passe largement en tête à Québec, avec 36 % des intentions de vote, contre 25 % au Parti conservateur. Le NPD (19 %) et le PLC (16 %) suivent. Il s'agit d'une chute de 9 points depuis un mois pour le PC.

«Si le Bloc parvient à bien exploiter la décision des conservateurs, certains sièges de Harper seront en danger à Québec. Mais est-ce qu'un vote de protestation va vraiment avoir lieu? Cela reste à voir», dit M. Bourque.

Léger Marketing a posé une question directement sur le financement du nouveau Colisée. Est-ce que les gens sont d'accord avec la décision du gouvernement fédéral de passer son tour dans ce projet? À Québec, 72 % des répondants sont en désaccord avec cette décision, contre 22 % qui l'approuvent.

Une situation différente prévaut toutefois ailleurs. À Montréal, 31 % sont contre la décision, alors que 59 % l'approuvent. Hors des deux grandes villes, soit dans le reste du Québec, 46 % désapprouvent la décision d'Ottawa, contre 49 % qui sont d'accord. «À l'extérieur de Québec, l'effet est nul d'un point de vue électoral», dit le sondeur.

Le Bloc bien en avance

La montée de quelques points du Bloc québécois dans la capitale nationale se répercute dans les intentions de vote de toute la province. Ainsi, le Bloc gagne deux points et récolte 41 %. Le NPD est crédité de 20 %, suivi du PLC (18 %) et du PC (16 %). Le Parti vert reçoit 4 %. Le Québec est de loin la province où c'est le plus difficile pour les conservateurs.

Chez les francophones, la domination du Bloc est écrasante, avec 49 %, suivi du NPD à 20 %, du PC à 15 % et du PLC, à 13 % seulement. Chez les anglophones et allophones, qui pourraient décider du sort du candidat-vedette Larry Smith dans l'ouest de l'île de Montréal, le Parti libéral récolte 41 %, contre 23 % au Parti conservateur.

Au Québec, 70 % des répondants se disent «insatisfaits» du gouvernement Harper, contre 24 % qui affirment être «satisfaits». C'est la plus forte proportion d'insatisfaits au pays. La Colombie-Britannique (53 %) et l'Ontario (52 %) sont les seules autres provinces à afficher une majorité d'insatisfaits.

Plus de détails sur les résultats, les questions et la méthodologie dans le document PDF sur notre site Internet. Le volet sur les intentions de vote a été réalisé en partenariat avec The Gazette.

Le sondage a été mené au Canada, du 7 au 10 mars, auprès de 2153 personnes. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 2,1 %, 19 fois sur 20. Au Québec, le coup de sonde présente une marge d'erreur de 3,1 %, alors que 1005 personnes ont répondu. Les marges d'erreur sont plus fortes pour les sous-régions. Le sondage Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Les données ont été pondérées selon l'âge, le sexe, la langue maternelle, le degré de scolarité et la composition du foyer.

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