Le Canada parmi les champions des dépenses militaires

Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, jamais le Canada n'a autant dépensé dans le domaine militaire qu'en 2010-2011. Au point de figurer dans le haut du classement mondial à ce chapitre.

Une nouvelle étude du Centre canadien de politiques alternatives a comparé les dépenses du Canada en matière de défense depuis le début des années 1950. Après avoir ajusté les montants en dollars de 2010 (pour tenir compte de l'inflation), on constate qu'en 2010-2011, Ottawa a dépensé 18 % de plus qu'en 1952-1953, le sommet atteint durant la guerre froide. Le Canada a dépensé 26 % de plus qu'en 1989-1990, au moment où le mur de Berlin est tombé.

En 2010-2011, le budget du ministère de la Défense a atteint près de 22 milliards de dollars (en tenant compte de l'ajustement des dépenses pendant l'année financière). Une partie de cette somme est évidemment la conséquence de la mission en Afghanistan.

Le Canada est maintenant au 13e rang mondial en ce qui a trait à son budget militaire, ayant dépassé l'Australie et l'Espagne récemment.

Le Canada a donc investi l'équivalent de 1,5 % de son PIB dans la défense l'année dernière. L'auteur Bill Robinson, analyste au Rideau Institute, un organisme critique des dépenses militaires, a fait une comparaison avec les autres pays de l'OTAN: si on exclut les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne — des puissances militaires et nucléaires qui ont un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU —, les autres membres de l'OTAN dépensent en moyenne 1,43 % de leur PIB annuel dans la défense. Le Canada est donc légèrement au-dessus des puissances moyennes de l'alliance militaire.

Si on prend les quatre pays du G8 non membres du Conseil de sécurité de l'ONU (Allemagne, Canada, Italie et Japon), la part du PIB consacrée aux dépenses militaires est de 1,3 % en moyenne.

«Le Canada s'impose des dépenses militaires comparables ou même supérieures à des États semblables. Pourtant, le Canada est dans une région du monde calme et ne fait face à aucune menace contre son territoire», écrit M. Robinson dans son étude de 11 pages.

Le gouvernement libéral de Paul Martin a commencé à réinvestir dans la défense en 2004 et 2005, à la suite des douloureuses compressions des années 1990, conséquences de la lutte contre le déficit. Le gouvernement Harper a accéléré ces dépenses depuis son arrivée au pouvoir, en 2006.