Construction de navires de guerre - Le Canada ne veut plus collaborer avec Londres

Ottawa — Le gouvernement conservateur a fermé la porte à double tour à une proposition britannique de collaboration entre les deux pays pour la construction de nouveaux navires de guerre.

Le Canada ne poursuivra pas la collaboration avec le Royaume-Uni pour une nouvelle flotte de navire de guerre de surface, a annoncé Jay Paxton, un porte-parole du ministre de la Défense, Peter MacKay, hier.

M. Paxton réagissait aux propos du plus haut diplomate britannique au Canada, qui avait soutenu en entrevue avec La Presse canadienne qu'Ottawa et Londres pourraient utiliser à meilleur escient les fonds publics en s'associant pour la construction de nouveaux navires de guerre.

Selon le haut-commissaire britannique Andrew Pocock, il serait logique pour les deux pays de collaborer pour remplacer les frégates de leur marine respective, alors que les contrecoups de la crise économique se font sentir dans les dépenses affectées à la défense.

M. Pocock avait souligné que le fait de miser sur des partenariats stratégiques et la collaboration représentaient de bons moyens d'arriver à maximiser les résultats.

Le haut-commissaire avait ajouté qu'il était trop tôt pour discuter de ce dossier dans les détails, mais la possibilité d'un programme conjoint de frégate avait semé l'inquiétude au sein de l'industrie canadienne de la construction navale, aux prises avec des difficultés.

Le porte-parole de M. MacKay a toutefois fait savoir, par voie de communiqué, que le Canada ne poursuivrait pas davantage les discussions. «Ce gouvernement est entièrement engagé dans l'acquisition d'équipements adéquats pour les Forces armées canadiennes, à un prix raisonnable pour les contribuables, et impliquant des retombées pour l'industrie canadienne — dans ce cas-ci, il s'agit de la construction de nouveaux navires au Canada», a spécifié M. Paxton.

Prenant la parole publiquement pour la première fois sur cette question, M. Pocock avait affirmé que son gouvernement était très intéressé par ce genre de collaboration. «Je crois qu'en ce moment, il s'agit encore d'un sujet délicat et actuel, avait-il expliqué. Il y a de l'intérêt de la part du Canada à l'égard de ce type de collaboration. Il y a assurément de l'intérêt de la part du Royaume-Uni.»