Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Les Québécois rejettent les baisses d'impôts aux entreprises

La baisse de l'impôt des entreprises au Canada se dessine comme un thème important de la possible campagne électorale fédérale ce printemps. Or, selon un nouveau sondage Léger Marketing-Le Devoir, 61 % des Québécois souhaitent que le gouvernement Harper annule la récente diminution d'impôt accordée aux compagnies, alors que 21 % veulent que la mesure soit maintenue. Environ 18 % ne savent pas ou ont refusé de répondre.

En janvier, l'impôt des sociétés est passé de 18 % à 16,5 %. Le gouvernement Harper soutient que cette baisse est essentielle pour créer des emplois et relancer l'économie. À l'opposé, Michael Ignatieff réclame un retour à 18 %, estimant que les milliards ainsi économisés seraient mieux dépensés dans d'autres programmes comme le soutien aux aidants naturels, la lutte contre le déficit et l'éducation. La position du Parti libéral du Canada semble donc plus près de la volonté des Québécois.

«Les gens souhaitent que les entreprises fassent leur part dans le contexte actuel des finances publiques. Pour les Québécois, ça semble étrange d'accorder une baisse d'impôt aux entreprises à ce moment-ci», explique Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing.

Lorsque l'on demande aux Québécois ce que le gouvernement fédéral devrait faire avec l'argent récupéré par l'annulation des baisses d'impôts aux entreprises, 33 % répondent «réduire le déficit», 28 % disent «réinvestir dans les programmes sociaux», 24 % «consentir des baisses d'impôts aux particuliers» et 12 % «investir dans les infrastructures». Selon Christian Bourque, c'est un classique au Québec. «Un tiers des gens veulent contrôler ou réduire la dette, un tiers souhaitent redistribuer la richesse et un tiers souhaitent améliorer leur sort immédiatement», dit-il.

Intentions de vote


Si la position libérale sur les baisses d'impôts semble coller aux désirs des Québécois, cette volonté n'a pour l'instant aucun effet sur les intentions de vote, alors que le Bloc québécois a même accentué son avance de trois points depuis un mois.

Le Bloc québécois récolte 39 % des intentions de vote, contre 20 % pour le Parti libéral du Canada. Le NPD (19 %), le Parti conservateur (18 %) et le Parti vert du Canada (3 %) suivent dans l'ordre. «Si des élections avaient eu lieu la semaine dernière, il n'y aurait eu aucun changement dans les sièges au Québec», dit M. Bourque.

Dans la région de la capitale, le Parti conservateur domine toujours, avec 34 %, suivi du Bloc avec 29 %, du NPD (21 %) et du PLC (11 %). Le sondage a toutefois été réalisé entre lundi et jeudi dernier, soit avant l'annonce du financement du nouveau Colisée, où le gouvernement Harper ne joue aucun rôle. «Il faudra attendre de voir s'il y aura une incidence», dit M. Bourque.

Confiance envers les chefs

À l'approche d'une possible campagne électorale fédérale, Léger Marketing a demandé en quel chef les gens ont le plus confiance. Résultat: depuis septembre, rien n'a changé.

Ainsi, Gilles Duceppe est bon premier, avec 29 % des Québécois qui affirment faire «le plus confiance» au chef bloquiste. Jack Layton, avec 27 %, n'est pas loin derrière, suivi de Stephen Harper (15 %) et de Michael Ignatieff (8 %).

«Ignatieff a une bonne côte à remonter, dit Christian Bourque. Il faudra voir si ça change le jour où il y a des élections. Les gens seront plus attentifs à la politique fédérale. Si ça ne change pas, il est difficile de voir comment il pourra faire des gains au Québec.»

Plus de détails sur les résultats, les questions et la méthodologie dans le document PDF. Le sondage a été mené du 7 au 10 février, auprès de 1000 personnes. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. Un échantillon probabiliste de la même taille présenterait une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

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