Environnement - Le «cancre» des changements climatiques

Sous les conservateurs, le Canada est devenu le «cancre» international en matière de lutte contre les changements climatiques. Au lieu d'abaisser les émissions canadiennes à 6 % sous la barre de 1990, le Canada les a laissés augmenter de près de 30 % au-dessus de ce niveau.

Lors de la dernière élection, Stephen Harper s'est lancé dans des attaques démagogiques contre son rival, Stéphane Dion, qui avait malhabilement proposé une taxe carbone en remplacement de taxes sur les revenus des particuliers et des entreprises. Pourtant, plusieurs expériences européennes démontrent l'efficacité de cette taxe. Aujourd'hui, elle est réclamée par le milieu des affaires canadien en complément à une politique de réduction des émissions de GES des grands émetteurs, qui se fait toujours attendre.

Sous Stephen Harper, le Canada a non seulement décidé de renier ses engagements légaux liés au protocole de Kyoto, mais il a réduit ses propres engagements de -20 % à -17 % d'ici 2020 par rapport aux émissions canadiennes de 2006. Il prétend s'aligner sur les États-Unis, mais omet de développer massivement ses énergies vertes, comme le fait l'administration Obama. Dans sa lutte contre la récession, le Canada n'a pratiquement rien retenu pour stimuler l'émergence des énergies vertes, comme l'énergie éolienne, offrant plutôt des milliards aux exploitants de sables bitumineux.

Il a aussi profité de la crise économique pour sabrer les mécanismes d'évaluation environnementale en vigueur, soustrayant plus de 2000 projets de relance d'un coup. Plusieurs organismes ont conclu dans la dernière année que son évaluation des projets d'exploitation des sables bitumineux ne correspond même pas aux règles d'évaluation des grands projets... dans les pays en développement.

Le gouvernement Harper a aussi montré la porte à Linda Keen, de la Commission canadienne de sécurité nucléaire, qui voulait appliquer les normes internationales à la restauration des vieux réacteurs d'ici. Il a aussi rejeté tout moratoire sur les projets d'exploration pétrolière à grande profondeur dans l'Arctique, même après le désastre du golfe du Mexique.

En matière de protection de la diversité biologique, on lui doit cependant d'avoir protégé de vastes espaces naturels. Mais il refuse toujours de signer le protocole de Carthagène sur la biosécurité, même après avoir forcé la communauté internationale à abaisser ses exigences sur les OGM.

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