Affaires étrangères et Défense - Une alliance poussée à l'extrême

Le gouvernement Harper a commencé en force, réglant en avril 2006 — trois mois après son arrivée au pouvoir — le conflit commercial sur le bois d'œuvre qui s'éternisait depuis cinq ans avec les États-Unis. Certains l'ont accusé d'avoir plié devant le lobby américain, mais les conservateurs n'ont pas dévié de leur trajectoire depuis: Washington est un allié précieux, un ami, et il faut entretenir cette relation. Pas question de casser du sucre sur leur dos comme les libéraux aimaient le faire parfois pour détourner l'attention.

Une alliance poussée à l'extrême, même à l'étranger, alors qu'Ottawa a supplanté les États-Unis comme meilleur ami d'Israël, délaissant sa politique de neutralité au Proche-Orient. Une attaque contre l'État hébreu sera considérée comme une attaque contre le Canada, a soutenu le bureau du premier ministre.

Dans la lutte contre les changements climatiques, c'est carrément notre voisin du Sud qui dicte la marche à suivre au Canada. Dans les institutions internationales, le règne conservateur a donné du tonus au Canada au sein de l'OTAN, le pays continuant de jouer un rôle important et apprécié par les alliés en Afghanistan. À l'inverse, Ottawa a perdu du gallon à l'ONU, où pour la première fois de l'histoire, le Canada s'est vu refuser un siège au Conseil de sécurité. Une institution que Harper avait boudée en septembre 2009, préférant aller prendre un café dans un Tim Hortons en Ontario... Le gouvernement a aussi cessé de demander systématiquement la clémence pour les condamnés à mort canadiens à l'étranger.

Sur le front commercial, depuis cinq ans, les ententes de libre-échange se sont multipliées entre le Canada et des pays en croissance... sauf avec la Chine, qui reste le géant négligé de la politique étrangère canadienne. N'empêche, Ottawa s'est frayé un chemin jusqu'à la table du nouveau G20, lui assurant une place parmi les grands.

En matière de défense, la position du gouvernement Harper est claire: l'armée est une fierté nationale et elle doit recevoir les budgets en conséquence. Depuis 2006, Ottawa a lancé le plus coûteux programme d'acquisitions militaires en un demi-siècle: avions de transport, chasseurs, hélicoptères, navires de combat, chars d'assaut... La facture atteint 48 milliards de dollars, sans tenir compte de l'entretien sur 20 ans.

***

À lire aussi dans ce dossier:

À voir en vidéo