Sécurité - Serrer la vis aux criminels

La sécurité était une des six priorités que s'était fixées le Parti conservateur dans son programme électoral de 2006. Six pages bien tassées de propositions pour resserrer les peines avaient été rédigées. Le parti a tenu promesse. La loi et l'ordre ont été au cœur de l'action gouvernementale de Stephen Harper depuis cinq ans.

Certes, le gouvernement Harper n'a pas réussi comme il l'avait promis à abolir le registre des armes à feu et à réaffecter les sommes épargnées à l'embauche de policiers fédéraux. Il n'a pas non plus modifié la Constitution pour retirer aux prisonniers leur droit de vote et n'a pas réussi à soumettre automatiquement à des peines pour adulte les jeunes de 14 ans ou plus ayant commis un crime violent grave. Et ils n'ont pas encore revu le système de remise en liberté conditionnelle, ayant mis trois ans pour concocter leur projet de loi. Mais plusieurs autres initiatives ont abouti.

Les conservateurs ont accru le nombre de délits punissables par des peines minimales de prison, sans discrétion du juge. Il y avait 31 tels délits avant l'arrivée de Stephen Harper (dont le tiers avait été instauré en 2005 sous Paul Martin). Les conservateurs en ont ajouté 11 nouveaux et ont augmenté encore la peine pour 8 déjà existants. Ils ont mis un holà aux tentatives de décriminalisation de la marijuana. Ils ont rehaussé l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans. Ils ont mis un terme au temps d'incarcération avant procès comptant en double. Ils ont retiré aux prisonniers leurs chèques de pension de vieillesse. Ils ont mis en place un ombudsman des victimes d'actes criminels.

Ces changements ont eu pour conséquence d'augmenter de manière substantielle le budget alloué aux prisons et leur taux d'occupation, faisant dire aux critiques que le Canada se prépare une crise carcérale comme celle prévalant aux États-Unis.

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