Relations avec le Québec - Une grande séduction... tombée à l'eau

En prenant la tête du Parti conservateur fraîchement fusionné en 2004, Stephen Harper a mis en œuvre une stratégie pour conquérir deux types d'électeurs récalcitrants qui l'empêchaient de prendre le pouvoir: les immigrants et les francophones.

Au Québec, il s'est attelé rapidement à la tâche, réglant le déséquilibre fiscal et offrant au Québec une place au sein de la délégation canadienne à l'UNESCO. Stephen Harper a habilement récupéré la motion du Bloc québécois et le débat lancé par les libéraux sur la reconnaissance de la nation québécoise aux Communes.

Une grande séduction qui a toutefois abruptement pris fin lors de la campagne électorale de 2008, le navire conservateur se fracassant sur les écueils que furent les compressions dans le domaine de la culture, la volonté de durcir la loi sur les jeunes contrevenants et l'intention de certains députés de l'Ouest de remettre à l'avant-scène le débat sur l'avortement grâce à des projets de loi privés. Ajoutez l'inaction des conservateurs en matière d'environnement et le débat a rapidement porté sur la question des valeurs. Est-ce que le gouvernement Harper comprend le Québec?

Les conservateurs misent maintenant sur leur gestion de l'économie pendant la crise pour reconquérir, à défaut du coeur, du moins la tête des électeurs de la province. La carte du bon gouvernement.

D'abord très près de Jean Charest, Stephen Harper s'est brouillé avec le premier ministre du Québec au fil des années. Le gouvernement Charest n'a pas hésité à attaquer des mesures conservatrices, notamment sur les changements climatiques, ce qui a irrité bien des gens à Ottawa. Le rapprochement manqué des conservateurs avec l'ADQ de Mario Dumont, au moment où ces derniers piquaient du nez, a achevé de ruiner la bonne entente avec les libéraux du Québec. Depuis, la machine conservatrice doit compter uniquement sur elle-même pour espérer faire des gains aux prochaines élections.

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