Sondage Léger Marketing-Le Devoir - Les Québécois sont contre la nouvelle mission canadienne en Afghanistan

À partir de juillet, la mission canadienne en Afghanistan se déplacera à Kaboul et sera essentiellement centrée sur la formation et l’entraînement des forces de sécurité afghanes.
Photo: Agence France-Presse (photo) Ed Jones À partir de juillet, la mission canadienne en Afghanistan se déplacera à Kaboul et sera essentiellement centrée sur la formation et l’entraînement des forces de sécurité afghanes.

La nouvelle mouture de la mission canadienne en Afghanistan ne récolte pas davantage d'appui au Québec que la mission de combat qui s'achève, révèle un sondage Léger Marketing-Le Devoir.

Ainsi, 71 % des répondants ont dit s'opposer à la prolongation de la mission en Afghanistan, même si celle-ci se déplace à Kaboul en juillet et est essentiellement centrée sur la formation et l'entraînement des forces de sécurité afghanes. Il n'y aura plus de combat. Le nombre de soldats canadiens en sol afghan passera de 2800 à 950.

Les détails de la mission nouvelle mouture, annoncés en novembre, n'ont toutefois pas été très médiatisés jusqu'à présent, ce qui pourrait expliquer le scepticisme des Québécois. Mais pour l'instant, la vaste majorité souhaite simplement que les militaires rentrent à la maison le plus rapidement possible, peu importe la nature du travail en Afghanistan.

Près de 18 % des citoyens se disent pour la mission canadienne d'entraînement, qui s'échelonnera jusqu'en 2014. Environ 11 % des répondants ont dit ne pas savoir ou ont refusé de répondre.

Le sondage a été mené du 10 au 12 janvier, auprès de 1001 personnes. Le coup de sonde Internet a été réalisé selon une méthodologie fiable et éprouvée. De plus amples détails sur la méthodologie ainsi que les questions du sondage se trouvent dans le document PDF consultable sur notre site Internet. Un échantillon probabiliste de la même taille présente une marge d'erreur de 3,1 %, 19 fois sur 20.

Jack Layton dénonce l'engagement du Canada


Le chef du NPD, Jack Layton, était d'ailleurs de passage à l'Université d'Ottawa hier pour discuter de la mission en Afghanistan. Il a dénoncé la prolongation de l'engagement militaire canadien, même sous sa nouvelle forme. Le NPD a lancé une pétition sur son site Internet afin de donner une voix à ceux qui s'opposent à la mission, a-t-il dit.

«Le Canada ne peut probablement pas changer l'approche de l'OTAN en Afghanistan. Mais nous ne sommes pas obligés de la suivre aveuglément. Comme Canadiens, nous prenons nos propres décisions. Nous avons fait notre juste part en ce qui concerne la mission militaire», a lancé le chef du NPD aux étudiants réunis.

La diplomatie et le développement humanitaire sont les deux seules voies à suivre, a dit Jack Layton. «On ne peut pas bâtir une nation si les fondations reposent sur la faim et le désespoir. C'est pourquoi il doit y avoir de l'éducation, de la santé publique, une économie. Plutôt que de couper le budget d'aide destiné à l'Afghanistan de moitié, le Canada devrait soutenir davantage le travail humanitaire et le développement.»

Le volet militaire, même pour former l'armée nationale afghane, est inutile, soutient M. Layton. «Même si on croyait M. Harper, selon lequel nos soldats allaient rester bien en sécurité dans les salles de classe de Kaboul, il s'agirait malgré tout d'une mission inappropriée pour le Canada.»

Mais le chef du NPD avoue que son approche en vaut bien une autre pour tenter de sortir ce pays du marasme. «Est-ce que cette nouvelle direction garantirait la paix en Afghanistan? Probablement pas. [...] D'autres ont tenté d'y imposer l'ordre et ont échoué. Il n'y a aucune certitude.»

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