L'assurance auto au menu de Charlottetown

Ottawa — L'assurance automobile pourrait bien se retrouver au menu informel de la rencontre des premiers ministres provinciaux, débutant aujourd'hui à Charlottetown. À part le Québec, qui songe à revoir le système du no fault, quatre autres provinces ont déjà apporté ou sont sur le point d'apporter des changements aux régimes d'assurance afin de plafonner les compensations versées aux victimes de la route et ainsi réduire les primes. Le Nouveau-Brunswick, qui a ouvert le bal, aimerait bien discuter de ce sujet.

«Je suis certain qu'on va parler d'assurance automobile au cours des prochains jours», a prédit le premier ministre Bernard Lord, qui a failli perdre les élections au printemps à cause de ce dossier épineux. «Ç'a été un enjeu pendant les élections au Nouveau-Brunswick, mais ça démontre que c'est un problème dans beaucoup d'autres régions du Canada.»

À cause notamment des compensations importantes versées aux victimes par les tribunaux, les primes d'assurance ont grimpé en flèche au Canada, avec des augmentations moyennes de plus de 60 % au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse et de 20 % en Ontario au cours de la dernière année seulement. C'est au Québec et au Manitoba, où des régimes d'indemnisation sans égard à la faute (sans poursuites) sont en place, que les primes moyennes sont les plus basses au pays.

Le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse ont annoncé l'introduction de compensations fixes accordées pour certains types de blessures mineures afin de faire diminuer les primes d'assurance. Mais les provinces de l'Atlantique veulent aller plus loin et elles ont mis sur pied il y a deux semaines un comité qui déposera des recommandations en septembre, rappelle M. Lord.

«Le comité a le mandat précis de nous recommander une loi à adopter dans chacune des quatre provinces afin que nous ayons les mêmes règlements, ce qui nous permettrait de mieux gérer la situation et de réduire les primes. S'il y a moyen de faire cela avec d'autres provinces, on est ouverts.»

L'Alberta a annoncé cette semaine qu'elle songeait elle aussi à plafonner les compensations versées aux victimes, tout comme l'Ontario il y a quelques jours.

Bernard Lord se garde bien de comparer le système instauré dans sa province avec celui du Québec, mais il n'écarte pas non plus la possibilité d'avoir une intervention gouvernementale dans le secteur.

«Je ne pense pas que je suis en bonne position pour donner un avertissement à Jean Charest. Les situations et leur évolution sont différentes, ce qui fait en sorte qu'au Québec, il y a depuis un quart de siècle un système de no fault avec assurance publique alors qu'ici, on a maintenu un système avec égard à la faute avec des compagnies privées. Mais notre comité a le mandat d'examiner la possibilité d'avoir un système public.»

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