Le nouveau sénateur sera candidat - La mission de Larry Smith: percer à Montréal

Devant 150 partisans conservateurs réunis à Pointe-Claire, hier, Larry Smith a annoncé qu’il sera candidat dans Lac-Saint-Louis lors des prochaines élections fédérales. À gauche, on reconnaît Christian Paradis, ministre responsable de la région de Montréal et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec.<br />
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Devant 150 partisans conservateurs réunis à Pointe-Claire, hier, Larry Smith a annoncé qu’il sera candidat dans Lac-Saint-Louis lors des prochaines élections fédérales. À gauche, on reconnaît Christian Paradis, ministre responsable de la région de Montréal et lieutenant politique de Stephen Harper au Québec.

Larry Smith, nouveau sénateur et ancien joueur de football, a fait son premier tour de terrain comme politicien hier soir, 24 heures après avoir été nommé à la Chambre haute par le premier ministre du Canada, Stephen Harper. Les dirigeants du Parti conservateur ont de grandes ambitions pour leur recrue, estimant avoir déniché le joueur-clé qui faisait défaut dans la région de Montréal, un endroit difficile pour la formation politique.

Lors d'un discours d'une douzaine de minutes prononcé devant environ 150 partisans conservateurs dans une salle du Holiday Inn de Pointe-Claire, en bordure de l'autoroute Transcanadienne, dans l'ouest de l'île de Montréal, M. Smith a confirmé qu'il tentera de se faire élire député aux prochaines élections générales dans cette circonscription de Lac-Saint-Louis. Une annonce accompagnée de cris «Larry! Larry! Larry!» bien sentis.

Larry Smith a affirmé qu'il démissionnera de son poste de sénateur dès le déclenchement des prochaines élections générales. Sa mission? Percer dans Montréal. «Harper m'a dit qu'il cherchait un rassembleur pour Montréal et pour l'ouest de Montréal. Il faut bâtir une présence conservatrice beaucoup plus forte dans la deuxième ville en importance au pays», a-t-il dit dans un discours prononcé dans les deux langues, mais avec plus de facilité en anglais.

Pour remporter la circonscription de Lac-Saint-Louis, Larry Smith affirme qu'il fera une campagne de terrain intensive. «On va faire du porte-à-porte, du terrain, aller dans les églises. On va faire confiance aux gens, mettre en place un plan», a-t-il dit aux journalistes.

Le chemin de Michael Fortier

Larry Smith tentera de réussir là où l'ancien sénateur conservateur Michael Fortier a échoué, lui qui a perdu lors des élections de 2008 après un séjour de deux ans au Sénat. Une source conservatrice qui connaît bien le terrain politique dans la région de Montréal souligne toutefois qu'il y a une différence de taille entre les deux tentatives: la circonscription. Michael Fortier a tenté sa chance dans Vaudreuil-Soulanges, en banlieue ouest de Montréal, où le Bloc québécois est très fort chez les francophones, alors que le Parti libéral du Canada domine le vote anglophone.

Dans Lac-Saint-Louis, le vote bloquiste est négligeable, ce qui met la table pour une lutte à deux entre le Parti libéral et le Parti conservateur dans un univers presque entièrement anglophone. Or Larry Smith, ancien éditeur du journal The Gazette et ancien président pendant 12 ans du club de football des Alouettes de Montréal, a une grande notoriété dans la communauté anglophone.

Même si Lac-Saint-Louis est représentée par le député libéral Francis Scarpaleggia depuis 2004 et que ce dernier l'a emporté avec 12 000 voix d'avance en 2008, les stratèges conservateurs estiment que les chances sont bonnes. «On a fait plusieurs calculs dans la région de Montréal et Lac-Saint-Louis est le comté le plus prenable pour nous. Plus que Vaudreuil-Soulanges pour Fortier», affirme cette source bien branchée sur l'organisation dans la métropole.

Ironiquement, Larry Smith habite Hudson, une petite ville anglophone en banlieue ouest de Montréal, en plein dans la circonscription de Vaudreuil-Soulanges...

Un organisateur montréalais met toutefois en garde les militants conservateurs trop enthousiastes. «Ça ne veut pas dire que ce sera le raz-de-marée à Montréal. À part Lac-Saint-Louis, les chances ailleurs sont très minces. Les chiffres sont difficiles. Et même si Smith est populaire, ça ne veut pas dire qu'il est un bon communicateur politique en français.»

L'arrivée de Smith en politique n'est pas surprenante, lui qui est un conservateur de longue date. À l'automne 2003, il avait songé sérieusement à se lancer dans la course à la direction du nouveau Parti conservateur fraîchement fusionné. Il avait même tenu une soirée de financement à Montréal en novembre 2003, mais il avait finalement décidé de ne pas plonger. Stephen Harper l'a emporté quelques mois plus tard.

Larry Smith fait partie de la filière du sénateur conservateur Léo Housakos — nommé par Harper au Sénat en 2008 — de qui l'ancien des Alouettes est proche depuis plusieurs années. Housakos est un organisateur, mais surtout un collecteur de fonds influent du Parti conservateur à Montréal. Le sénateur Housakos, qui était présent hier, est aussi l'un des meilleurs amis de Dimitri Soudas, le directeur des communications de Harper.

Ministre dès janvier?

En plus de tenter sa chance à des élections générales, Larry Smith est pressenti pour occuper rapidement un poste de ministre, peut-être même dès janvier. Michael Fortier avait également fait le saut comme ministre-sénateur en 2006.

Or, dans les hautes sphères du gouvernement, on affirme que Stephen Harper n'a pas l'intention de le nommer au cabinet en janvier. «Le premier ministre a dit clairement en 2008 qu'il ne nommerait plus de sénateur au cabinet. Cette déclaration tient toujours. Il a indiqué qu'il y aura un remaniement, mais ce sera un remaniement mineur», affirme une source près du premier ministre Harper.

Le principal intéressé a lancé le même message hier, allant jusqu'à dire que le chemin parcouru par Michael Fortier était une «mauvaise stratégie». «J'en ai discuté avec M. Harper et je ne veux pas arriver au cabinet sans avoir fait mes classes politiques. C'est ça, jouer en équipe. Il faut avoir de la crédibilité. Je m'en vais là comme recrue», a dit Larry Smith.

Mais, dans les rangs du Parti conservateur, on est sceptique. «Je pense qu'il sera ministre rapidement, sinon, pourquoi avoir été nommé au Sénat? Il aurait pu annoncer qu'il se présentera aux élections et attendre. Il n'a pas besoin des 135 000 $ d'un sénateur pour vivre! Si on le nomme au Sénat dès maintenant, c'est pour lui faire jouer un rôle», affirme une source conservatrice qui connaît la dynamique à Ottawa.

S'il fait le saut au conseil des ministres, les rumeurs envoient Larry Smith au poste de responsable de Montréal (actuellement occupé par Christian Paradis), mais aussi à la tête d'un nouveau fonds pour favoriser les infrastructures de sports professionnels, une idée avec laquelle Stephen Harper jongle depuis l'automne et qui lui permettrait de verser des millions pour l'amphithéâtre de Québec sans faire de jaloux ailleurs au pays.
20 commentaires
  • Trobadorem - Inscrit 22 décembre 2010 02 h 22

    Bonne chance Larry! Ca te prendra plus qu'un ballon et des bon joueurs pour convaincre les Québecois du bien fondé du programe des con-serviteurs...

    Et même un bon plan de match n'y ferait pas.

    Ce n'est pas notre présence en Afghanistan qui va t'aider à gagner le coeur des Québecois...

    ...ni votre acharnement à laisser le sort de notre environnement entre les mains des "big boys"....

    Bonne chance Larry! Pi oublie pas le popcorn, les hot-dogs et la "beer" pour nous distraire de vos jeux sournois pour gagner le pouvoir....ouffff......

  • jacques gelineau - Abonné 22 décembre 2010 06 h 09

    tout pour le controle

    En effet il n'y a pas beaucoup subtilité dans la tentative de contrôle du parti conservateur afin d'imposer leur doctrine d'un autre âge. Ce qui est évident aussi c'est le manque d'intellectuel dans ce parti. Ce sont tous des pieds de céleri. Ce qui n'empêchera pas un balayage aux prochaines élections je crois, car les citoyens prennent de plus en plus la mesure de l'inaction en environnement avec les manifestations naturelles qui se produisent aux niveau du climat. Ça c'est la vrai vie tout comme ceux qui voyagent et qui se sentent insécure car ils savent que si il arrive un pépin, a l'étranger ils ne pourront se fier sur leur gouvernement pour les aider. Des tas d'autre exemples viennent s'ajouter au inepties et bévues de ce gouvernement assoiffé de matériel militaire sans appels d'offre qui nous démontre clairement que ce sont tous des pieds de céleri. j'espère juste qu'ils ne perdront pas de papiers important jusqu'a ce qu'un prochain gouvernement vienne les remplacer

  • Christian Harvey - Inscrit 22 décembre 2010 06 h 13

    Sénateur puis député ?

    Pourquoi le nommer sénateur s'il veut devenir député ? S. Harper se paie encore un organisateur avec les taxes des contribuables. Larry Smith ne pouvait-il pas payer lui-même sa campagne comme le font les autres candidats ? Les Conservateurs se contentent d'un anglophone possédant un français misérable (même s'il vit à Montréal...) et quand chercheront-ils vraiment un candidat représentatif chez les francophones ? À la vérité, les Conservateurs se moquent du Québec et des francophones de Montréal... Espérons que L. Smith subira le même sort que M.Fortier un autre sénateur nommé pour devenir candidat à une élection mais passé à l'oubli depuis. Et dire qu'Harper favorisait autrefois une réforme du Sénat !

  • Jacques Morissette - Inscrit 22 décembre 2010 07 h 21

    Larry Smith et le nouveau fonds pour favoriser les infrastructures sportives.

    Serait-ce le cadeau que Harper lui a promis s'il fait le saut en politique au fédéral. J'ai le regret de penser que ce monsieur Larry Smith est bien naïf s'il croit que ce cadeau n'est pas empoisonné. À moins que ce monsieur Smith nous fasse découvrir qu'il n'est pas du tout naïf sur le plan politique et ce qu'il y a vraiment dans son chapeau, au point de vue démocratique et de ses valeurs sociétales?

  • Jacques Morissette - Inscrit 22 décembre 2010 07 h 51

    Le Canada de Harper.

    Il ne veut pas faire du Canada qui aurait les valeurs de quelqu'un qui se respecte. il veut simplement en faire quelque chose et sans âme en plus.