Politique de visa du Canada - Ottawa voulait exempter les Tchèques

Le ministère canadien des Affaires étrangères a proposé une dérogation à la politique de visa du pays, dans un effort visant à améliorer les relations avec la République tchèque, dont la colère pourrait mettre en péril les négociations pour le nouvel accord commercial avec l'Europe.

L'an dernier, Ottawa avait imposé un visa aux ressortissants tchèques et mexicains, après avoir noté plusieurs demandes d'asile de citoyens de ces pays. Environ 3000 Tchèques avaient revendiqué le statut de réfugié au Canada, de 2007 à 2009. L'insatisfaction de Prague envers cette politique pourrait ralentir les négociations commerciales en cours entre le Canada et l'Europe.

Des documents ministériels, datant de l'an dernier et dont La Presse canadienne a obtenu copie, démontrent que le gouvernement Harper a tenté de trouver plusieurs solutions pour apaiser les dirigeants tchèques.

Les négociateurs canadiens de l'accord commercial avec l'Europe craignent de ne pas pouvoir le conclure d'ici 2011 si la dispute n'est pas réglée. Un membre de la délégation canadienne a confié, sous le couvert de l'anonymat, que les Européens pourraient concentrer leurs efforts sur d'autres marchés commerciaux si les démarches entreprises avec le Canada n'aboutissaient pas.

À Ottawa, le ministère des Affaires étrangères s'est adressé au ministère de l'Immigration pour qu'une exception soit faite pour certains ressortissants tchèques en matière de visa. On demandait «d'examiner une possible exemption de visa pour les fonctionnaires et diplomates détenteurs d'un passeport de la République tchèque afin de remédier aux problèmes actuels».

Le ministère de l'Immigration a refusé d'indiquer si une telle mesure était toujours considérée. La porte-parole, Kelli Fraser, a mentionné que les politiques de visa n'avaient pas été modifiées.