Nouveau Parti démocratique - Des élections... s'il le faut

Jack Layton refuse de voir un signal inquiétant dans la défaite de l’élection partielle de Winnipeg-Nord.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Jack Layton refuse de voir un signal inquiétant dans la défaite de l’élection partielle de Winnipeg-Nord.

Ottawa — Des élections si cela est nécessaire... mais pas obligatoirement. Car, entre une campagne électorale et un Parlement qui «fonctionne», c'est encore cette dernière option que le chef néodémocrate Jack Layton affirme privilégier pour 2011.

«Quand on est encore en pleine récession, que la majorité de la population a de profondes inquiétudes financières, je crois que les gens s'attendent à ce qu'on essaie de travailler ensemble et qu'on tente de régler ça», indique

M. Layton. «Mais si ce n'est pas possible et qu'il faille faire le ménage à la Chambre, eh bien nous irons aux urnes», ajoute-t-il.

Au moment de dresser le bilan de l'année écoulée, Jack Layton reconnaît toutefois que le cul-de-sac n'est pas loin à Ottawa. La faute en incombe selon lui aux libéraux et aux conservateurs. «Regardez-les agir à la Chambre: c'est toujours des insultes, de petits jeux partisans. Ce n'est pas une approche où on dit aux Canadiens: "Voici un programme avec des éléments pour vous aider, et on va travailler ensemble pour faire adopter ce programme." Ça explique pourquoi les sondages stagnent», croit-il.

Le chef du Nouveau Parti démocratique estime que 2010 a globalement été une année fructueuse pour son parti — et pour lui aussi, sa santé reprenant du mieux à mesure que le cancer qu'il combat s'affaiblit. «Nous avons fait adopter cinq motions importantes, nos députés ont déposé le plus grand nombre de projets de loi», dit-il.

Au chapitre des bons coups, M. Layton cible spontanément «la continuité dans [leur] opposition à la poursuite de la mission militaire en Afghanistan». «Nous sommes le seul parti pancanadien à avoir demandé le retrait des troupes. M. Harper et M. Ignatieff ont collaboré sans qu'il y ait de vote ou de discussion au Parlement.»

À l'inverse, la défaite du NPD dans l'élection partielle de Winnipeg-Nord représente le grand échec du parti en 2010, d'après M. Layton. Le NPD détenait la circonscription depuis 13 ans. Mais le chef néodémocrate refuse d'y voir un signal trop inquiétant. «Les partielles, ce sont des situations uniques. Nos appuis ont diminué dans une autre partielle, alors qu'ils ont augmenté ailleurs. Nous étudions les résultats pour comprendre, et on va s'ajuster.»

Registre: la bonne action

En ce qui concerne le registre des armes à feu — où le NPD a été le seul à ne pas imposer de ligne de parti, ce qui a failli tuer le registre —, M. Layton évalue toujours que c'était la bonne chose à faire. «Nous avons été le seul parti uni dans la volonté de créer des ponts entre les régions opposées au registre et celles qui l'appuient, soutient-il. Je crois que les gens l'ont compris: sinon, au Québec, nous ne serions pas si haut dans les sondages.»

Parce que, dans cette province, le NPD termine l'année sur une bonne note. Un sondage publié lundi dans Le Devoir montre que les néodémocrates et les libéraux sont au coude à coude derrière le Bloc québécois. Chez les francophones, le NPD se classe deuxième.

«On a travaillé fort avec des politiques sur la protection de la langue française, le projet d'Yvon Godin sur le bilinguisme des juges à la Cour suprême, nos propositions pour la répartition des sièges à la Chambre, relève M. Layton. Ce sont des choses qui concrétisent le concept de nation québécoise. Des choses que Stephen Harper n'a pas faites.»

Ailleurs au Canada, les résultats sont plus mitigés pour le NPD. Le sondage de fin d'année d'EKOS place le NPD à 17 % dans les intentions de vote, soit sensiblement le même résultat qu'à l'élection de 2008. Là aussi Jack Layton ne s'inquiète pas trop. «Les Canadiens sont actuellement plus préoccupés à payer leurs factures qu'à choisir leur parti pour les prochaines élections.»