D'autres adjoints de Paradis ont tenté de bloquer la divulgation de documents

Ottawa — Deux autres membres du personnel politique du ministre Christian Paradis ont tenté d'empêcher la divulgation de documents demandés en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, a appris la Presse canadienne.

En octobre dernier, un adjoint du ministre Paradis, Sébastien Togneri, a remis sa démission après qu'on eut appris qu'il était intervenu à au moins trois reprises dans des demandes d'accès à l'information au ministère des Travaux publics. Ces incidents font l'objet d'une enquête du Commissariat à l'information du Canada. Or, il semble que deux autres adjoints du ministre Paradis aient posé des gestes semblables.

Selon des documents obtenus par la Presse canadienne, Marc Toupin et Jillian Andrews s'opposaient au dévoilement d'informations portant sur des sujets délicats.

L'un de ces sujets, l'amiante, avait fait l'objet d'une étude d'un groupe d'experts fédéral. Dans le rapport dévastateur rédigé par les spécialistes, le personnel politique du ministre avait surligné des passages qu'il ne souhaitait pas divulguer. Lorsque des fonctionnaires ont demandé à Sébastien Togneri d'obtenir des explications, ce dernier les avait dirigés vers son collègue Marc Toupin. «Ces commentaires sont inopportuns et déplacés, ne répondent pas aux critères de la demande d'accès et ne devraient pas être divulgués», a écrit M. Toupin dans un courriel envoyé en juillet 2009.

Une explication qui a ensuite été discréditée par la gestionnaire de l'accès à l'information et à la protection des renseignements personnels, Julie Lafrance.

Une autre adjointe du ministre Paradis, Jillian Andrews, est intervenue dans le processus d'une demande d'accès à l'information. Cette fois-ci, ce sont les préparatifs entourant la visite du président américain Barack Obama au Canada, en février 2009, qui ont été frappés d'une quasi-ordonnance de non-publication.

Sébastien Togneri avait eu une discussion à ce sujet avec les fonctionnaires — selon lui, un seul document sur les détails de la visite de M. Obama devait être divulgué. Il les avait ensuite confiés à Mme Andrews pour une analyse plus «en profondeur» de la question.

«Notre ministère estime que le seul document qu'il possède relativement à cela est un avis de suspension des travaux («work stop order») [en prévision de la visite de M. Obama]», avait conclu Mme Andrews. «Le document se trouve à la dernière page de l'accès à l'information et protection des renseignements personnels [AIPRP]. Il s'agit de la seule information de l'AIPRP qui sera divulguée», avait-elle écrit dans un courriel envoyé en juillet 2009.

Or, selon un fonctionnaire, les employés du ministère chargés de rassembler les documents avaient accumulé beaucoup plus qu'un simple avis de suspension.
2 commentaires
  • Sanzalure - Inscrit 16 décembre 2010 11 h 52

    Pour qui se prennent-ils ?

    Une personne = un vote, c'est FONDAMENTAL.

    Le fait qu'une personne soit employée du gouvernement ne lui accorde pas la science infuse. En fait c'est plutôt le contraire, tout le gouvernement est au service des citoyens et citoyennes.

    Je trouve inconcevable qu'une personne se trouve plus intelligente que les millions de citoyens du Canada et puisse décider ce que nous sommes capables de savoir ou non.

    Ça mérite un châtiment exemplaire pour que les autres y réfléchissent à deux fois avant de cacher des informations.

    Particulièrement sur des sujets aussi controversés que l'amiante !!!

    Serge Grenier

  • celljack - Inscrit 16 décembre 2010 14 h 10

    Un défi lancé à nos politiciens

    Bonjour gens de toutes orientations politiques.

    La confiance du peuple est à son plus bas.

    En effet, une part très importante du pouvoir est corrompu, peu importe par quel mécanisme et peu importe le parti politique impliqué.

    Malgré la brillance éphémère de certains individus, aucun politicien n'offre de solution universelle aux problèmes actuels de notre société.

    Cependant, un problème peut être réglé et je lance un défi à tous les candidats aux prochaines élections: abolir les secrets.

    Instaurer les lois et installer les dispositifs qui permettent la surveillance transparente du gouvernement par le peuple.

    Il faut que le premier ministre soit surveillé audio-vidéo en présence de lobbyistes, lors des dîners d'affaires, au golf, dans les corridors... en somme, en toute circonstance pouvant laisser présager une décision politique.

    Les secrets sont synonymes du mal. Aucune action ne peut être bonne lorsqu'elle cache des secrets. Le rôle du Premier Ministre devrait en effet être de faire face à l'opposition, de débattre et de faire valoir la vérité en toute transparence. C'est là l'essence de la démocratie.

    Aucune conversation concernant l'avenir de notre peuple ne doit être confidentielle.

    Si un candidat aux prochaines élections se fait proposer ce défi et refuse, posez-vous des questions sur son honnêteté.