Bilans de session à Ottawa - Le gouvernement critiqué de toute part

«Les conservateurs ont fait preuve d’une médiocrité inconcevable», selon le chef libéral adjoint, Ralph Goodale.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie «Les conservateurs ont fait preuve d’une médiocrité inconcevable», selon le chef libéral adjoint, Ralph Goodale.

Ottawa — La table est mise pour une élection fédérale en 2011. Tant le Bloc québécois que le Parti libéral ont brossé hier un portrait sévère du gouvernement, qu'ils qualifient d'«idéologique» et de «déconnecté de la réalité». Un gouvernement qui doit à leurs yeux céder le pas.

«Ce fut une année remplie de mauvais choix», a lancé hier midi le leader parlementaire des libéraux, David McGuinty. Et cela a commencé avec la prorogation du 30 décembre 2009: ce qui devait être l'occasion de «recalibrer» l'ordre du jour du gouvernement n'aura été qu'une perte de temps, a affirmé M. McGuinty lors de la conférence de presse bilan de l'opposition officielle.

Le Devoir révélait hier que 33 des 61 projets de loi déposés en 2010 étaient des redites, et que 18 d'entre eux sont rendus moins loin dans le processus législatif qu'à pareille date l'an dernier. Les libéraux ont rappelé que le gouvernement a souvent tardé avant de réintroduire ces projets de loi.

«Les conservateurs ont fait preuve d'une médiocrité inconcevable, selon le chef adjoint, Ralph Goodale. M. Harper a prorogé le Parlement pour faire des rajustements, mais tout ce que nous avons obtenu, c'est plus de petits jeux politiques.»

Les libéraux ont tiré sur plusieurs fronts: les dépenses du G8 et du G20, les réductions de taxes aux entreprises, la politique environnementale du gouvernement, le recensement, les achats d'avions militaires, les investissements dans les prisons, les entraves à l'accès à l'information... Autant de dossiers dont la gestion prouve selon eux les faiblesses du gouvernement.

Ce qui a naturellement amené la question de savoir pourquoi les libéraux n'ont pas cru bon de défaire ce gouvernement, si les choix qu'il fait sont si mauvais. «Nous avons travaillé très fort pour exposer le ton et le caractère de M. Harper et de son gouvernement, a dit M. McGuinty. Aujourd'hui, de plus en plus de gens en viennent à la conclusion que c'est un régime extrêmement à droite. Et nous travaillons d'arrache-pied pour montrer que nous sommes la seule solution de remplacement à ça.»

Les libéraux reconnaissent du coup qu'ils avaient besoin de temps pour préparer la prochaine campagne et mieux faire connaître le chef Michael Ignatieff. Ralph Goodale s'est ainsi dit encouragé par les sondages qui montrent que les libéraux recueillent environ 30 % des appuis. «Le vote va se cristalliser quand la campagne va débuter», pense-t-il. D'ici là, les libéraux «construisent brique par brique» leur message, qui veut opposer les priorités du gouvernement (avions militaires, prisons et réductions d'impôt aux entreprises) à celles mises en avant par le PLC (notamment le soutien aux familles).

Bloc québécois

Le bilan de la dernière session et de l'année 2010 n'est pas plus reluisant lorsque fait par le Bloc québécois. Le leader parlementaire Pierre Paquette a dénoncé hier une série de décisions allant d'après lui à l'encontre des intérêts du Québec: tentative de démembrement du registre des armes à feu, gestion du dossier environnemental, projet de commission pancanadienne des valeurs mobilières, refus de financer un nouvel amphithéâtre à Québec ou d'accorder une compensation pour l'harmonisation de la TVQ et de la TPS...

M. Paquette a aussi noté que la prorogation a eu des effets négatifs sur l'avancement des projets de loi. «On n'a pas encore rattrapé le temps perdu, et on remâche les mêmes projets de loi. On est revenu avec la même poutine. [La prorogation] n'était qu'un geste partisan pour éviter de répondre aux questions sur l'Afghanistan», estime-t-il.

En ce qui concerne les élections, M. Paquette réitère que le Bloc votera au cas par cas: si un projet de loi est bon pour le Québec (le budget, par exemple), le parti l'appuiera. Si c'est l'inverse, il votera contre, peu importe si cela doit déclencher une campagne électorale.
2 commentaires
  • Richard Ferland - Abonné 16 décembre 2010 12 h 17

    Effectivement c'est plustôt navrant!

    Ce gouvernement s'est comporté comme un gouvernement majoritaire avec un agenda orienté très à droite en provenance de l'ouest du pays.
    Il tient très peu des demandes du Québec. Mais avons nous un gouvernement québécois qui fait bien face à la situation!
    Nous vivons des heures de leadership sombres à bien des égards.
    Nous enpayons le prix!

  • Pascal Laquerre - Inscrit 16 décembre 2010 14 h 15

    sombre ou pas...

    "Nous vivons des heures de leadership sombres à bien des égards.
    Nous enpayons le prix!" -Richard Ferland

    C'est bien vrai, mais leadership sombre ou pas, il n'y a définitivement pas de parti politique plus néfaste pour le canada que le parti conservateur et son leader, le plus grand et le plus merveilleux lèche botte de corporations. Il ne faut pas se le cacher, c'est notre bush canadien.

    C'est le parti qui a fait passer le Canada de Casque Bleu à Combattants.

    C'est le parti qui se torche avec la charte des droits canadiens, qui veux a tous prix nous empêcher de nous exprimer, de démontrer notre désaccord en publique en engageant des forces policières et mercenaires à 3milliard$ pour envenimer et démonter les manifestations du G20 à Toronto.

    C'est le parti qui croient au effets bénéfiques du réchauffement planétaire pour les citoyens canadiens!!!

    Qu'es que ça nous prend de plus pour nous permettre de dire qu'il sont dangereux et que nous devons absolument les sortir du pouvoir.