Pardon: l'opposition refuse l'adoption à toute vitesse

Ottawa — Les partis d'opposition à Ottawa refusent d'adopter les yeux fermés le projet de loi conservateur rendant plus difficile la suspension du casier judiciaire de contrevenants tentant de se réinsérer. Ils en ont en particulier contre la philosophie des trois prises (three strikes) insérée dans le projet de loi. Le gouvernement les accuse d'obstruction.

Ce printemps, apprenant que la célèbre meurtrière Karla Homolka pourrait demander un pardon, le gouvernement de Stephen Harper s'est empressé de déposer un projet de loi resserrant les règles d'obtention de ce pardon. Devant les critiques, le gouvernement a accepté de le scinder pour faire adopter plus vite les portions recueillant l'appui de tous. Il tente maintenant de faire voter la portion restante, beaucoup plus controversée. Elle prévoit notamment qu'un individu ayant été condamné à trois reprises ne pourra plus jamais obtenir le pardon.

Or, le député néodémocrate Don Davies a rappelé le témoignage d'un ancien prisonnier condamné pour vente de stéroïdes. Une seule vente le rendait coupable de cinq ou six crimes d'un même coup (possession, vente, etc.). Aussi, il avait à son actif 24 condamnations. Mais cet homme a reçu son pardon, ce qui lui a permis de décrocher un poste de haut cadre dans une entreprise médiatique.

La bloquiste Maria Mourani a renchéri en déboulonnant le mythe voulant qu'un pardon équivaut à l'effacement du casier judiciaire. «Si vous allez dans un dépanneur et volez un sac de chips, automatiquement, votre casier est réactivé. Alors, il n'est pas dans les limbes!»

Le projet de loi en question, le C-23B, n'a été étudié en comité parlementaire que lors de trois séances. Les conservateurs voulaient mettre fin au débat hier, mais l'opposition s'y est refusée en parlant sans interruption. Les conservateurs les ont laissés parler, mais à la Chambre des communes, le ministre de la Sécurité publique s'en est donné à coeur joie, laissant entendre que son projet de loi ne visait que les délinquants sexuels. «J'invite l'opposition à écouter les victimes et à appuyer C-23B, un projet de loi qui empêcherait les pédophiles de recevoir un pardon.»
2 commentaires
  • Mario Plourde - Inscrit 15 décembre 2010 01 h 39

    plus de prison, moins de prévention et au final pas de réhabilitation

    Faire comme la Californie est une erreur. L'expérience est sans aucun doute un échec.


    On est à une époque où le crime s'explique par la psychologie et une mauvaise éducation selon différents contextes sociaux.

    Harper peut bien croire que son Dieu protestant ait créé des hommes mauvais et que sa morale soit inconditionnellement la seule bonne pour ce qui est criminel, mais malheureusement pour lui les gens ne se limitent pas tous à croire que la justice serve à faire peur aux méchants criminels et à venger les victimes.

  • Claude Archambault - Inscrit 15 décembre 2010 08 h 58

    La victime

    À écouter certain, la victime c'est le criminel et l'agresseur la société. Le trois prise je crois est une mesure très honnête, c'est certain que plusieurs condamnation pour le même évènement ne compte que pour un, mais une personne qui a récidivé et qui est rendu à 3 condamnation pour des crime sérieux ne devrait pas avoir droit à aucune chance, il l a eu et l'a gâché VOLONTAIREMENT qu'il en subisse les conséquence.
    Quand la justice rendra vraiment justice au victime et que ces dernier auront les même droits de réparation de la part du criminel, alors on parlera de réhabilitation.

    Une personne qui en tu une autre devrait pour le reste de ces jours, peu importe si le meurtre est volontaire ou non, (à part d'accidentel, négligence) être au service de la famille éplorée, par payement d'une somme d'argent pour compenser le manque à gagnerad vitam eternam, et par des travaux forcé au service de cette famille. Après tout cette famille n'a pas à souffrir plus de la perte de l'être aimé causé par le vaux rien.

    Avant de parler de réhabilitation, de deuxième, troisième, quatrième et nième chance pour les criminel, parlons de comment ce criminel pourra dédommager à ses frais les victimes.