F-35: les coûts pourraient gonfler

Pour l’heure, le Canada prévoit payer entre 70 et 75 millions $US pour chaque avion F-35.<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Roslan Rahman Pour l’heure, le Canada prévoit payer entre 70 et 75 millions $US pour chaque avion F-35.

Le gouvernement fédéral n'a reçu aucune garantie des États-Unis ou de l'industriel Lockheed Martin concernant le coût d'acquisition des 65 avions de combat F-35. La facture de 9 milliards de dollars annoncée en juillet est une estimation qui pourrait donc encore gonfler, confirment les hauts responsables du programme F-35 au ministère de la Défense.

Or, le Danemark, partenaire du Joint Strike Fighter comme le Canada, vient de réviser ses coûts d'acquisition à la hausse de 20 %. Hier, le ministre de la Défense, Hans Hillen, a confirmé que Copenhague ne débourserait plus 6,2 milliards d'euros pour acheter 85 appareils F-35, mais bien 7,6 milliards d'euros, soit 89 millions d'euros par avion.

Hans Hillen a affirmé que les coûts de développement de l'appareil, constamment en hausse aux États-Unis, ont forcé son gouvernement à réévaluer la facture finale.

Lors d'une séance d'information avec quelques médias triés sur le volet (dont Le Devoir) à l'aéroport de Saint-Hubert, le colonel Dave Burt, directeur des acquisitions des forces aériennes au ministère de la Défense, a confirmé que le Canada n'a pas de protection contre la hausse des coûts du programme aux États-Unis. Actuellement, 16 avions F-35 sont en phase d'essai. La production doit commencer en 2012.

Le Canada prévoit payer entre 70 et 75 millions $US par appareil entre 2016 et 2020. «Il s'agit de la meilleure estimation possible, mais c'est vrai, on n'a pas de garantie, a affirmé le colonel Burt. On aurait pu avoir un prix garanti au moment de la livraison, mais il aurait fallu accepter de payer plus cher que les 75 millions que nous estimons devoir débourser.»

Le prix, dit Dave Burt, va fluctuer en fonction du nombre de commandes que Lockheed va recevoir. «Plus il y aura d'acheteurs, plus le prix sera bas. En 2016, c'est le sommet de la production, ce qui est bon pour nous.» Il estime que les frais qui gonflent aux États-Unis ne devraient pas toucher le Canada pour l'instant, puisque cela affecte surtout les premiers acheteurs, dès 2012 ou 2013, notamment les États-Unis.

Les 9 milliards de dollars annoncés par le gouvernement en juillet représentent le coût total qu'Ottawa devra débourser pour mener à terme le projet d'acquisition. Dans ce total, il y a le prix de l'avion (environ 4,875 milliards $US pour 65 avions), mais aussi les coûts des infrastructures à Cold Lake et à Bagotville, ceux du système d'armement, des simulateurs de vol, de la formation des pilotes et des frais administratifs du programme.

Pas de contrat d'entretien

L'entretien devrait coûter un autre 7 milliards de dollars sur 20 ans. D'ailleurs, Dave Burt affirme que le Canada ne signera pas de contrat distinct avec Lockheed Martin pour l'entretien, puisqu'il procédera avec l'entente industrielle déjà en place, signée en 2006, comme il a décidé de le faire pour l'acquisition des avions. «La facture d'entretien n'est pas vraiment précise. Il faut attendre que l'avion soit en service. Il y aura ensuite un programme de mise à niveau qui sera développé avec Lockheed Martin et les autres pays partenaires du F-35», a dit le colonel Burt, qui affirme que le partage d'une flotte de 3000 avions entre neuf pays partenaires fera baisser les coûts pour les pièces et l'entretien.

La mise à niveau des logiciels se fera tous les deux ans, alors que les autres systèmes d'opération (hardware) seront revus tous les quatre ans.

Le F-35, que le gouvernement fédéral a choisi pour remplacer les CF-18 vieillissants, est un appareil «unique» qui n'a aucun égal dans le monde, a dit Dave Burt. Un avion de cinquième génération qui innove dans plusieurs domaines. «Il y a beaucoup d'informations qui sont classifiées "Secret", mais croyez-moi, aucun autre avion ne s'approche du F-35. On a tout analysé et c'est clair, rien de comparable n'existe», dit-il.

Le colonel Burt a également affirmé que la limite pour se retirer du programme F-35 sans pénalité financière, comme le Parti libéral du Canada souhaite le faire afin de lancer un appel d'offres, est la fin de 2012. «Dès le début de 2013, il faudra passer notre commande officielle. Il y aura alors un impact sur les autres pays partenaires. Il sera très difficile de revenir en arrière», dit-il.
2 commentaires
  • Pierre Véronneau - Inscrite 4 décembre 2010 11 h 06

    NON!!!!

    Ben là ce serais bien une première, les coûts pourraient êtres dépassés ?? Pendant qu'il y a des enfants et des vieillards qui ont faim, l'extrême cupidité de l'homme dans toute son horreur! Acheter des armes à coup de milliard totalement immoral et grotesque.

  • Malartic - Inscrit 5 décembre 2010 15 h 05

    On aurait pu reprendre la production de CF-100

    Le prix unitaires des F-35 sera influencé par le nombre d'appareil construit, spécialement la commande initiale. Si on attend dans cinq ans pour signer un achat, l'inflation aura peut-être fait son oeuvre, et il y a un coût associé au re-démarrage d'une chaine de production. Le constructeur lui aussi subit l'effet sur le coût unitaire des pièces et assemblage qu'il commande à ses fournisseurs. Si vous vouliez commander de Canadair des CF-100, ça serait moins cher et surtout le prix unitaire serait moindre si on en commanfait 500 au lieu de 100.
    Coût total pour 500 serait quand même beaucoup plus élevé, et Canadair aurait un plus gros profit; ,,,, normal n'est-ce pas?