Les fuites concernent aussi le Canada

Ottawa — Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a qualifié hier de «lamentable» la publication de documents du gouvernement américain qui ont été obtenus par le site WikiLeaks. Le gouvernement du Canada, quant à lui, se prépare à découvrir ce que les Américains ont bien pu dire à son sujet.

Cette fuite n'est en rien favorable aux intérêts nationaux des pays en plus de «constituer une menace à la sécurité nationale», a déclaré M. Cannon par voie de communiqué.

Les documents traitent de plusieurs dossiers internationaux, de la libération des prisonniers incarcérés à Guantanamo jusqu'aux capacités militaires de l'Iran, en passant par les excentricités du leader libyen Mouammar Khadafi. Mais le Canada est aussi largement évoqué dans ces documents. En fait, 1948 communications diplomatiques provenant de représentants américains basés à Ottawa et des centaines d'autres émanant de divers consulats semblent figurer parmi les documents coulés, selon les données publiées par The Guardian.

En fin de journée, hier, WikiLeaks a confirmé qu'environ 2648 documents concerneraient le Canada. La grande majorité de ces câbles diplomatiques ne devraient pas être rendus publics avant la fin de la semaine, mais le site a déjà laissé entendre qu'il pourrait être question de sujets extrêmement variés: le contrôle des armes à feu, la couverture médiatique de la CBC, la technologie, Haïti, les applications militaires du nucléaire, les affaires provinciales et la Syrie.

Parmi les documents publiés hier, l'un des seuls concernant le Canada décrivait une rencontre ayant eu lieu en septembre 2009. Le représentant canadien à Kandahar, Ben Rowsell, assistait à cette réunion en compagnie d'un important diplomate américain et le chef du conseil provincial de Kandahar, Ahmed Wali Karzai (le frère du président Hamid Karzai).

M. Rowsell avait été invité à se prononcer sur la crédibilité des élections afghanes.
4 commentaires
  • Gervais Pomerleau - Inscrit 29 novembre 2010 10 h 51

    Ce n'est plus la langue de bois mais l'idée à rire

    Monsieur Cannon se montre servilement, une fois de plus, bon laquais de la Maison blanche et du Pentagone. Comment peut-il dire que ça menace la sécurité nationale s'il n'a pas même encore vu ce dont il est question? Bienvenue au festival de l'humour, monsieur Cannon.
    Il est cependant vrai que le Canada, dans le dossier des droits de l'homme — entre autres dans le cas de Guantanamo ou dans le cadre des rencontres du G8 et du G20 pour ne citer que ceux-là — tient lesdits droits en rouleaux de deux cents feuilles de 9.9x10.1cm

  • El Kabong - Inscrit 29 novembre 2010 15 h 24

    ET???


    Le bla-bla de Cannon m'indiffère totalement!

    À part de relayer les propos insipides des dirigeants mondiaux sur les méchants de Wikileaks, on aimerait bien mieux savoir ce qui est écrit dans ces documents et avoir des analyses valables de la part des journalistes...

    L'info de qualité est rare dans nos méga-médias!

  • Roland Berger - Inscrit 29 novembre 2010 16 h 48

    L'art de mentir

    Gageons que les fuites dessineront un étrange portrait des dirigeants politiques de notre planète : des menteurs se mentant entre eux et le sachant.
    Roland Berger

  • Henry Fleury - Inscrit 30 novembre 2010 06 h 20

    Derrière la langue de bois

    Alice au pays des merveilles. Voilà ce que les E.U. pensent de Stephen Harper. À l'époque, Nixon avait dit de Trudeau qu'il était un trou de... dans une conversation privée qui avait été rendue publique. Notre PM avait répondu simplement qu'il y avait des hommes beaucoup plus importants que Nixon qui avaient dit des choses pires encore sur lui. Aujourd'hui, au volant de son Hummer, que pourrait répondre Stephen Harper ? Fuddle duddle ! Il en est bien trop incapable... à la tête d'un pays qui a perdu son honneur sur les rives de Gantanamo.