Terre-Neuve - Williams tire sa révérence

Suite à la conclusion de l'entente de 6,2 milliards $ sur le développement hydroélectrique du Bas-Churchill, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, démissionnera le 3 décembre. Dans l'attente des prochaines élections d'octobre 2011, la vice-première ministre Kathy Dunderdale lui succédera.

Âgé de 61 ans, M. Williams, un conservateur, est devenu premier ministre en 2003, avant d'être réélu en 2007.

Depuis Paris, Jean Charest a rappelé que Danny Williams «avait des opinions très tranchées sur la relation entre Terre-Neuve-Labrador et Hydro-Québec», ajoutant qu'il lui souhaitait néanmoins «la meilleure des chances».

Affichant un large sourire, la ministre Normandeau a souhaité «une excellente retraite» à M. Williams, ajoutant qu'il avait «toujours été contre les intérêts du Québec», mais reconnaissant «que c'est un homme qui a défendu avec conviction, passion et vigueur ses citoyens».

Évoquant l'installation de deux câbles électriques sous-marins entre Terre-Neuve-et-Labrador et la Nouvelle-Écosse, la ministre s'est opposée à tout financement fédéral. «On va être vigilant [...], on n'acceptera jamais que le gouvernement fédéral s'avance pour le financement d'une ligne de transport, ce qu'il n'a jamais fait par le passé.»

Tant le gouvernement Charest que l'opposition péquiste ont fait valoir que le Québec avait toujours payé ses lignes de transport lui-même et qu'un corridor électrique terre-neuvien d'exportation vers les États-Unis, payé en partie par le fédéral, ferait une concurrence déloyale à Hydro-Québec sur ce marché.

Donald Savoie, professeur en administration publique à l'Université de Moncton, estime que le départ de M.Williams pourrait compromettre la réalisation du projet hydroélectrique du Bas-Churchill et a rappelé que les représentants des Innus n'avaient pas encore donné leur accord final à l'entente.

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Avec La Presse canadienne