Danny Williams a toujours lutté contre les intérêts du Québec, selon Normandeau

Même s’il a toujours été «contre les intérêts du Québec», le premier ministre démissionnaire de Terre-Neuve-et-Labrador, Danny Williams, peut compter sur l’indulgence de la ministre Nathalie Normandeau.

En point de presse aujourd’hui à l’Assemblée nationale, la ministre des Ressources naturelles a salué la carrière politique de M. Williams, estimant qu’il a défendu «avec conviction, passion et vigueur» les intérêts de ses concitoyens.

Le premier ministre Danny Williams a annoncé ce matin qu’il quittera la vie politique le 3 décembre.

Il a expliqué que le temps était venu pour lui de quitter ses fonctions, ayant conclu récemment une entente pour le développement hydroélectrique du Bas-Churchill, au Labrador.

Lors d’une conférence de presse, il a souligné le sentiment d’appartenance revigoré de la province depuis son arrivée au pouvoir, se disant heureux du «sentiment de fierté renouvelé» du peuple terre-neuvien.

Des sorties contre le Québec


Au cours de sa carrière, M. Williams s’est fait remarquer par ses nombreuses sorties publiques tonitruantes à l’endroit du Québec, qu’il a déjà qualifié de «voleur de grand chemin» sur le plan énergétique.

Le premier ministre Williams a aussi multiplié les efforts pour soulever la population des Maritimes contre la prise de contrôle d’actifs d’Énergie Nouveau-Brunswick par Hydro-Québec. La transaction a finalement échoué l’an dernier.

Les différends entre Terre-Neuve et le Québec sont nombreux et portent tous sur l’énergie. Ils concernent l’exploitation du gisement pétrolier Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent, le développement hydroélectrique et le transport de l’énergie.

Dialogue plus constructif


Avec le départ prochain de M. Williams, la ministre des Ressources naturelles Nathalie Normandeau a dit souhaiter un «dialogue plus constructif» avec Terre-Neuve sur ces questions.
Assurément, les propos tenus par M. Williams contre le Québec «ont heurté la sensibilité des Québécois», a convenu la ministre Normandeau, qui préfère néanmoins réserver ses commentaires au nom de la bonne entente fédéraliste.

Il n’est pas question, a-t-elle fait savoir d’emblée, de jouer le jeu du Parti québécois «qui souhaite créer un contexte de chicanes»  pour mousser la souveraineté.

Âgé de 60 ans, M. Williams, un conservateur, est devenu chef de son parti en 2001 et a accédé au poste de premier ministre de la province en 2003. Il avait été réélu en octobre 2007 avec une majorité encore plus importante, aidé en ce sens par ses confrontations très médiatisées avec le secteur de l’exploitation pétrolière en mer et le premier ministre Stephen Harper.

En 2008, M. Williams s’est retrouvé sous les feux de l’actualité lorsqu’il a annoncé que sa province cesserait de réclamer des paiements de péréquation, rejetant ainsi le statut de «sans le sou» de la province pour la première fois de son histoire.

12 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 25 novembre 2010 14 h 11

    On se calme!

    Williams défendait les intérêts de la population de sa province. Quoi de plus normal! Et il trouvait le Québec pas mal radin en matière énergétique. Et c'était vrai! Mais les Québécois n'aiment jamais être critiqués. Ils sont parfaits, des plus-que-gentils, c'est bien connu!

  • MJ - Inscrite 25 novembre 2010 15 h 13

    Bon débarras!

    Pourquoi madame Normandeau s’incline-t-elle devant la carrière politique de ce newfie qui a toujours bafoué le Québec? Il faut plus que de la flatterie pour défendre les intérêts du Québec.

    J’ignorais qu’il existait un peuple terre-neuvien! (selon les dires de Danny Williams).

    Apparemment, ce multi-millionnaire ou milliardaire quitte la politique pour gérer ses biens personnels. Comment a-t-il réalisé sa fortune colossale?

  • Georges Hubert - Inscrit 25 novembre 2010 15 h 15

    Et ...

    Et M. Lebel, on aimerait bien que le Québec ait lui aussi un gouvernement et un ministre de l'Énergie qui défende les intérêts du Québec ... qui ne pense pas que le Québec n’a que de mauvais sentiments.
    Le problème ... ce n'est pas M. Williams et les autres PM des autres provinces qui se font du capital politique sur le dos du Québec.
    Le problème, et il est grave, c'est qu'on a au Québec une partie appréciable de la population qui par partisannerie ou par esprit colonisé, se met prestement à ramper ... Le problème se sont les fédéralistes québécois qui sont plus entichés de trouver les bonnes vertus chez l’autre qu'à prendre la part du Québec. Et le gouvernement qu’ils
    La politique est une question d'intérêts ... pas de sentiments. Et nous avons besoin d'un gouvernement qui sache mettre en action ces intérêts. Mais encore faut-il une population qui ait le tonus pour élire un tel gouvernement ! Je commence à en douter ... Peut-être au fond, inconsciemment voulons-nous tout bonnement disparaitre, ou demeurer une curiosité folklorique provincialisée ?
    Avec notre mollesse légendaire nous n’arriverons à rien.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 25 novembre 2010 16 h 02

    Remarquable

    Ce qu'a accompli Danny Williams pour sa province est remarquable. Le gouvernement du Québec n'a jamais été assez original ou inventif pour établir des ponts avec lui, il a plutôt choisi de suivre bêtement les intérêts de son vaisseau amiral, Hydro-Québec. Or Hydro-Québec ne pense qu'en termes de profits et qu'au maintien de son monopole territorial. Notre gouvernement demeure depuis des décennies captif des politiques d'entreprise d'Hydro-Québec et incapable de penser par lui-même, en termes géopolitiques. Le marché du Nord-Est américain est donc devenu chez lui une fixation, alors qu'une entente multilatérale Terre-Neuve Labrador, Ontario, N.B., Nord-Est américain serait plus porteuse d'avenir. Mais pour cela, il faudrait une vision politique et une politique énergétique "ouverte". Cela n'arrivera pas tant que les siège d'H-Q aura l'écoute exclusive du bureau du premier ministre.

  • Richard Ferland - Abonné 25 novembre 2010 17 h 01

    Ça veut dire quoi on se calme!

    Je ne comprends pas très bien votre commentaire. Ce commentaire a un côté plutôt sarcastique à l'endroit des québécois et par un québécois!!
    Le gouvernement du Québec défend et a le devoir de défendre les intérêts du Québec pas ceux des Terreneuviens.
    Faut pas tout mélanger. L'économie et le caractère d'une partie de la population canadienne. Les Québécois en particulier sont loin d'être radins envers les autres incluant les étrangers.
    Les anglophones des autres provinces du Canada qui négocient avec nous ne font pas de cadeaux et c'est correct.
    Ce sont des négotiations.
    Petit exemple pas si lointain qui va à l'encontre de ce que vousprétendez: La construction de l'amphithéatre du Québec a fait l'objet d'un tollé dans l'ouest. Est-ce que ces anglos sont des plus que gentils!!!
    Réveillez-vous mon cher monsieur. Arrêtons d'avoir peur et continuons de nous affirmer et de défendre ce doit l'être.
    Ne vous en faites pas les Québécois se font très critiqués. Allez un peu voir dans les autres provinces. N'oubliez pas une chose, la critique anglo est moins en vue, plus souterrainne mais aussi très présente pas moins qu'ici. Les anglos ne sont pas des latins mais critiquent tout autant.