Conférence de Cancún - Les écolos et l'opposition suggèrent à John Baird de rester au Canada

Ottawa — Tant qu'à faire le voyage pour défendre les politiques du gouvernement conservateur en matière d'environnement, aussi bien rester à la maison. Des groupes écologistes et l'opposition ont ainsi suggéré hier au ministre de l'Environnement de ne pas se pointer à la conférence de Cancún sur les changements climatiques.

La présence de John Baird pourrait être contre-productive, croit Steven Guilbeault, coordonnateur adjoint d'Équiterre. «Pour le gouvernement Harper, l'enjeu des changements climatiques n'est pas intéressant, a-t-il dit en conférence de presse à Ottawa. On préfère s'occuper des sables bitumineux, représenter cette industrie à l'extérieur du pays, faire pression sur la Californie, le Congrès américain et le Parlement européen pour limiter la portée de lois progressistes en matière de changements climatiques, plutôt que de s'attaquer au problème.»

John Baird étant selon lui l'un des «pires ministres de l'Environnement» que le Canada ait connu (il a déjà été en poste en 2007-2008), M. Guilbeault soutient qu'il «devrait peut-être rester à la maison» plutôt que de nuire aux discussions de Cancún.

Ironique, la suggestion a été reprise au bond par les partis d'opposition. Selon le chef libéral Michael Ignatieff, il est révélateur que le gouvernement n'ait pas un ministre de l'Environnement à temps plein (M. Baird est là à titre intérimaire, et remplit les fonctions de leader parlementaire en Chambre). «Il pourrait se faire une petite vacance à Cancún, a lancé M. Ignatieff. Ce serait, je crois, plus utile pour lui. Parce que si on regarde depuis Copenhague, il n'y a eu aucune action, aucun leadership.»

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, se dit aussi «plutôt d'accord» avec l'idée de Steven Guilbeault. «Si M. Baird n'a rien à dire, il va aller là et nuire. Ces gens-là se préoccupent tellement peu de l'environnement.»

Baird y sera

Le bureau du ministre a toutefois confirmé hier que M. Baird sera présent au Mexique du 7 au 10 décembre.

Concernant la conférence de Cancún, les environnementalistes présents sur la colline hier ont indiqué ne pas s'attendre à ce qu'un nouveau traité international soit signé à l'issue de la rencontre. Il s'agit toutefois d'une étape importante pour en arriver à un traité contraignant, ont-ils soutenu.