Haïti: Ignatieff veut une mission d’urgence à cause du choléra

Le Canada devrait dépêcher une mission d’urgence en Haïti afin de vérifier s’il faut y déployer davantage de ressources pour affronter l’épidémie de choléra, estime le chef libéral fédéral Michael Ignatieff.

De passage à Montréal, aujourd’hui, où il s’adressait aux étudiants du Collège Dawson, le chef libéral a aussi rencontré la presse. Il a notamment été interrogé sur la crise qui sévit en Haïti, où une élection générale doit se tenir le 28 novembre, alors que la population est aux prises avec une épidémie de choléra.

M. Ignatieff n’a pas voulu dire s’il jugeait préférable de reporter la date des élections, comme le proposent certains observateurs, se disant plus préoccupé de voir des enfants mourir du choléra. «Ce qui me préoccupe et préoccupe les Canadiens, c’est le choléra. Les enfants qui meurent du choléra s’en fichent des élections», a-t-il d’abord affirmé.

Le Canada, a-t-il ajouté, ne peut rester les bras croisés devant le drame
qui se joue en Haïti. Il doit dépêcher une mission d’urgence stratégique pour évaluer la situation.

«Nous faisons appel aujourd’hui au gouvernement d’envoyer une mission d’urgence stratégique immédiatement afin de voir s’il faut envoyer d’autres capacités canadiennes. Les Canadiens ont répondu au drame d’Haïti au mois de janvier avec une générosité incroyable, mais maintenant, on voit avec horreur ce qui se passe: des enfants qui meurent d’une maladie qu’on peut facilement guérir. Je crois que le Canada ne peut pas rester en dehors de ce drame. Il faut envoyer une équipe pour voir ce que nous pouvons faire dès maintenant pour aider les Haïtiens. Bon dieu, il faut faire quelque chose, parce que ça devient cauchemardesque!» s’est exclamé M. Ignatieff.

Quand on lui a souligné que certains Haïtiens voient justement la présence des forces étrangères, regroupées au sein de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), comme responsable de l’arrivée du choléra, M. Ignatieff a répliqué qu’il fallait alors mieux informer les Haïtiens de la situation. «Le Canada peut faire partie d’un effort de convaincre les Haïtiens que le problème ce n’est pas la MINUSTAH, le problème ce n’est pas l’ONU, le problème c’est la santé publique. Et le Canada peut faire partie de la solution», a-t-il dit.

Présence canadienne en Afghanistan

M. Ignatieff a également eu droit à quelques questions portant sur sa position sur la présence des troupes canadiennes en Afghanistan après 2011. Il ne s’oppose pas à la tenue d’un vote à la Chambre des communes sur la prolongation de la mission jusqu’en 2014, pour des fins de formation des Afghans, mais les libéraux n’iront pas jusqu’à soumettre eux-mêmes cette question au vote.

Il a nié avoir changé de position à ce sujet, comme le lui a reproché un étudiant qui le questionnait là-dessus.

M. Ignatieff a rappelé que la mission de combat prendra fin en juillet 2011 et qu’après cette date, les quelque 950 soldats canadiens qui demeureraient sur place ne se trouveraient plus dans la province de Kandahar, mais dans la capitale Kaboul. Ils y feraient de l’entraînement et de la formation des Afghans, sans participer à des combats.

Il a également nié qu’il y ait division sur la question au sein de son propre caucus. Pourtant, la semaine dernière, une demi-douzaine de députés libéraux ont fait connaître leur mécontentement, rappelant que cette position est impopulaire auprès de l’électorat libéral. Ils ont également protesté, estimant ne pas avoir été consultés sur la question avant la prise de position publique de M. Ignatieff en faveur du maintien de la présence de l’armée canadienne jusqu’en 2014.

«Je crois qu’il y a de l’unité au sein du caucus. C’est une décision difficile pour tous les Canadiens. Je crois qu’il ne faut pas abandonner l’Afghanistan», a-t-il conclu.