Climat: l'armée canadienne se prépare à intervenir

Zone de tension à surveiller<br />
Photo: source: Forces canadiennes Zone de tension à surveiller

Les Forces canadiennes se préparent à intervenir aux quatre coins du globe en raison du réchauffement de la planète, qui provoquera une course aux ressources naturelles, des guerres régionales violentes et des catastrophes en cascade, révèle un document inédit.

La lutte contre les changements climatiques n'est pas une priorité du gouvernement Harper, qui a souvent été accusé de nuire aux négociations internationales sur le sujet. Or, l'armée canadienne prend le phénomène très au sérieux. Elle s'attend au pire.

Ces révélations sont contenues dans un document de 176 pages, obtenu par Le Devoir, qui a été approuvé en janvier 2009 par l'état-major du quartier général de la Défense, à Ottawa. Intitulé «L'environnement de la sécurité future 2008-2030», le rapport est un résumé des menaces à venir et des possibles interventions militaires dans les prochaines années.

Dans son avant-propos, le chef du développement des Forces, le major général S.A. Beare, écrit qu'il s'agit d'un «document de référence» qui vise à «fournir à l'institution de la défense une analyse faisant autorité sur les tendances géopolitiques, socio-économiques, environnementales, technologiques et militaires actuelles et émergentes qui ont une incidence sur l'environnement de sécurité». Le rapport «s'appuie sur une recherche approfondie» qui permettra «de travailler à la planification et au développement des forces de l'avenir», peut-on lire. Le rapport complet est en ligne sur notre site Internet.

Parmi les nombreux facteurs de déstabilisation de la planète des 20 prochaines années, les changements climatiques occupent un chapitre complet du document. «Les phénomènes météorologiques de plus en plus violents occasionnés par les changements climatiques un peu partout dans le monde exigeront de fréquentes interventions militaires allant des missions de secours aux victimes de catastrophes naturelles à des opérations de stabilisation à grande échelle», écrivent les spécialistes, qui ont aussi eu recours à l'aide de plusieurs universitaires pour valider leurs conclusions.

Les pays fragiles en difficultés


Dans un graphique révélateur du document (voir ci-dessus), on constate que les points chauds actuels de la planète, mais aussi ceux à venir, se regroupent de part et d'autre de l'équateur. «À mesure que les impacts négatifs de ces phénomènes affecteront les pays en développement, déjà aux prises avec des difficultés économiques et des troubles sociaux, les tensions et les facteurs d'instabilité déjà existants s'accentueront», affirme le rapport.

Les Forces canadiennes estiment que la bagarre pour le «contrôle des ressources», comme l'eau et la nourriture, se fera essentiellement par la voie diplomatique entre États. Sauf dans certains cas: «Il est fort possible que certains d'entre eux agissent de manière agressive et irrationnelle pour défendre leurs intérêts égoïstes», peut-on lire.

Des conflits pour le contrôle des ressources à l'intérieur des États fragiles, notamment avec des guérillas, sont à prévoir. «Il sera probablement nécessaire de mener des missions humanitaires pour secourir les populations privées de tout à la suite d'une catastrophe, et éventuellement des missions de stabilisation ou de reconstruction si des troubles civils et l'instabilité entraînent des conflits entre des peuples», écrivent les stratèges militaires.

D'ici 2030, les problèmes environnementaux, ainsi que la pénurie d'eau et de nourriture, risquent de déstabiliser des régions entières, estiment encore ceux-ci. «Il se pourrait que les pressions causées par les migrations et les afflux de réfugiés ou de personnes déplacées entraînent une recrudescence de tensions ethniques, religieuses ou territoriales, de l'instabilité et peut-être l'effondrement d'États. Ces effets se manifesteront davantage dans les régions côtières (où habite 75 % de la population mondiale), surtout parmi les groupes de personnes, les secteurs de l'économie et les localités qui sont déjà sensibles économiquement ou écologiquement aux variations climatiques.»

Des effets catastrophiques

C'est que les effets des changements climatiques seront sévères, affirment les analystes militaires. «Ceux-ci auront des conséquences catastrophiques, notamment la fonte des calottes polaires, la hausse du niveau des mers, une désertification accrue et une diminution du rendement des cultures dans certaines régions (en particulier l'Afrique), la transformation des habitats, l'extinction de nombreuses espèces et une propagation accrue des maladies tropicales dans les zones tempérées. La montée du niveau des mers et la fonte des glaciers viendront sans doute augmenter la superficie des terres perdues, tandis que les infiltrations salines et la contamination réduiront l'accès aux ressources en eau potable.»

Par exemple, on prévoit que la productivité agricole en Afrique «dégringolera». «La perte de terres arables due à la désertification entraînera une diminution de 50 % des récoltes.» De plus, «les glaciers de l'Himalaya disparaîtront sans doute d'ici 2035, ce qui privera d'une source majeure d'eau potable 750 millions d'habitants de la région Himalaya-Hindi-Kush et en Chine», peut-on lire. En Europe, «on pourrait assister au contraire à un refroidissement».

Des émeutes de la faim, comme au printemps 2008 en Égypte, au Cameroun, en Éthiopie et en Côte d'Ivoire pourraient se multiplier. «Ces émeutes de la faim [...] donnent un avant-goût des effets déstabilisateurs de l'insuffisance des ressources alimentaires et des crises humanitaires à venir, qui obligeront les pays occidentaux à intervenir pour empêcher une dégradation de la situation.» Les analystes militaires concluent que les futures opérations pourraient donner lieu à des «combats intensifs».

Des opérations qui deviendront d'ailleurs de plus en plus difficiles à réaliser à mesure que le pétrole se fera rare. «La diminution prévue des ressources en carburants fossiles et la montée simultanée des prix du pétrole obligeront le ministère de la Défense à trouver d'autres sources d'énergie pour les équipements militaires. La hausse des prix du carburant rendra prohibitifs les coûts d'entraînement, sans compter les coûts des opérations au pays même ou à l'étranger, ce qui grèvera un budget déjà serré. Il faudra en priorité effectuer des travaux de recherche et développement pour trouver des formes de carburants alternatifs.»
40 commentaires
  • Gebe Tremblay - Inscrit 6 novembre 2010 00 h 55

    OUAFFF!!!

    Sont pas cappable de contrôler l'Afghanistan mais sont cappable de contrôler le climat !!

    MDR !!!!

  • Jacques Morissette - Abonné 6 novembre 2010 07 h 02

    Comme au Moyen Âge

    Je lis actuellement un livre de Jacques Le Goff sur le Moyen Âge. De la façon dont je lis ce texte su suejt de l'armée, j'ai l'impression de faire un voyage dans le temps. En fait, comme si je reculais au Moyen Âge.

    Un copain dans le temps, physicien et ingénieur de formation, me disait combien il trouvait que l'humanité avait évolué. Je lui aitoujours dit que l'environnement matériel évolue, mais les humains restent les mêmes. Ça fait un bout que je ne l'ai pas revu. Je ne ne sais pas s'il dirait la même chose aujourd'hui?

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 6 novembre 2010 07 h 14

    19 milliards par année

    Les Conservateurs ont gonflé le budget de la Défense à 19 milliards ce qui donne des rapports complètement loufoques comme celui-là où on en est rendu à planifier les interventions pour 2030!

    A quand l'indépendance du Québec? Nos soldats n'iraient plus mourir en Afghanistan et on pourrait s'occuper de la contrebande sur les réserves amérindiennes

  • Godfax - Inscrit 6 novembre 2010 09 h 32

    Comprendre le monde c'est le changer

    Les changements climatiques servent encore ici a camoufler les véritables problèmes donc souffre l'humanité. Évidament qu'une crise allimentaire mageur va bientot nous frapper; la FED a relancé la planche à billet. Bernanke a meme déclaré ouvertement que sa politique EST hyperinflationniste… Une MÉGA inflation monétaire est donc en marche , elle provient des Etats-Unis et allimente une spéculation extrenement nocive sur les monnais, l'énergie et la nourriture.

    Les véritables causes de la soufrance et de la déstabilisation a venir est le sous-dévellopement cronique des pays du sud encourager par l'impérialisme écologique et les attaques spéculative de la haute finance international mondialisé.

    Dernierement, a la convention mondial sur l'eau il étais question de sauver le Lac Tchad par de grand projet national d'infrastructure publique d'eau potable.(Transaqua)

    Mais, comme stipulé au sommet de N’Djamena, vu que les détournement de riviere sont une modification humaine de la biosphere (certaine crevettes pourais disparaitre) et bien tout a été abandoné. Certain écologistes cache clairement leurs haine de l'humanité (ou des africains) par leur amour de la nature fixe et du paradis perdu. Serais t'ils capable d'aller regarder dans les yeux les millions d'enfants qui errent dans les rues, le regard et l'estomac vide d’espérance. Scolarité, soins médicaux, dignité humaine et paix social son maintenant vide de sens pour eux.

    C'est le système financier hyper spéculatif, la mondialistion financiere du capitalise sauvage et l'impérialisme malthusien écologique qui sont la base des problemes des pays du sud et non le CO2.

    L'humanité a un sérieux problème d'amour envers sa propre espece, il est vraiment temps que les choses changes.Je vous en supplie, ne laissez pas votre compréhansion du monde au main des médias de masse et des ONG écolo; soyez proactif, regardez audela des sophismes.

  • Denis Dumoulin - Inscrit 6 novembre 2010 09 h 59

    Climat et l'armée

    Je voudrais savoir combien de temps a été attribué à ce général pour faire cette étude. Aussi combien de sources et recherchistes ont été monopolisés.
    C,est un travail inutile, farfelu et idiot. Effectivement comment peut on faire des projections aussi lointaines, D'ici la date fatidique combien de changements et quelles évolutions. Alors encore un gradé grassement payé qui ne sert a rien pour jouer à des jeux qustionables. Pourquoi payer des gens à rêver. Il faudrait réagir à ce genre de traveaux inutiles.