Conflit d'intérêts: le bras droit de Harper en comité

Ottawa — Le futur nouveau chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper se pliera au jeu parlementaire. Nigel Wright a fait savoir qu'il témoignera en comité à Ottawa pour apaiser les craintes voulant que son passage dans le secteur privé le place en perpétuel conflit d'intérêts.

M. Wright sera le nouveau conseiller principal et chef de cabinet de Stephen Harper à compter du 8 novembre, Guy Giorno ayant annoncé son départ. Cette nomination avait immédiatement créé des remous, M. Wright étant responsable des filières de l'aérospatiale et de la défense chez Onex, une firme spécialisée dans l'achat et la restructuration d'entreprises. Onex a affirmé que M. Wright reviendrait à son emploi au plus tard dans deux ans. Ce retour garanti influencera-t-il son jugement lors de prises de décisions difficiles? Nigel Wright s'est refusé à tout commentaire jusqu'à présent.

«Cette lettre vise à confirmer que je désire et veux témoigner devant votre comité le 2 novembre 2010 pour discuter des arrangements pris avec le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique en prévision de mon arrivée à titre de conseiller principal et chef de cabinet du premier ministre», écrit M. Wright dans une lettre adressée au comité de l'accès à l'information et dont Le Devoir a obtenu copie. M. Wright ajoute qu'il discutera à ce moment des «arrangements qu'[il a pris] avec Onex Corporation en ce qui concerne un possible retour chez Onex». Il assure que son comportement sera respectueux de toutes les lois.

L'opposition n'est pas encore certaine de vouloir l'entendre, faisant valoir que le comité ne l'a pas encore invité. En outre, le député libéral Wayne Easter exige de voir les documents détaillant ce potentiel retour chez Onex avant la comparution du témoin. Il veut ainsi effectuer un travail de recherche, dit-il.

Le bureau du premier ministre insiste pour que M. Wright comparaisse avant le 8 novembre, date de son entrée en fonction, parce que le gouvernement refuse désormais que son personnel politique rende des comptes en comité parlementaire.