Charest parle d'une nouvelle ère de collaboration entre les provinces

Une nouvelle ère de collaboration interprovinciale est lancée afin d'obtenir davantage d'argent du gouvernement fédéral, soutient le premier ministre du Québec, Jean Charest.

«Je sors de la rencontre confiant que c'est une nouvelle ère qui débute pour nous. C'est l'occasion pour nous tous de permettre au pays de progresser sur des dossiers qui intéressent les citoyens que nous représentons», a commenté M. Charest.
Cet argent servira à mieux financer les soins de santé et à corriger le déséquilibre fiscal.
M. Charest a fait cette déclaration alors qu'il rencontrait, à Winnipeg, le premier ministre néo-démocrate du Manitoba, Gary Doer, en prévision de la conférence des premiers ministres, prévue le mois prochain à Charlottetown.À Ottawa, le vice-premier ministre et ministre des Finances, John Manley, a manifesté peu d'ouverture au front commun des provinces visant à réclamer davantage d'argent d'Ottawa pour corriger le déséquilibre fiscal et mieux financer les soins de santé. Les ministres des Finances des provinces se sont entendus à cet effet plus tôt cette semaine.

M. Manley a rappelé qu'il avait été bien établi que les provinces toucheraient davantage d'argent pour la santé seulement si le surplus fédéral pour 2004-05 le justifiait. S'il n'y a pas de surplus notable, il ne puisera pas à même les autres postes budgétaires pour verser plus d'argent aux provinces, a-t-il prévenu.

«L'entente, c'est l'entente», s'est exclamé M. Manley, ajoutant que le premier ministre du Canada avait expliqué que si le surplus dépassait trois milliards, les provinces en toucheraient deux milliards. Avec l'état actuel des finances publiques, «ce n'est pas très prometteur», a-t-il averti. Mercredi dernier, M. Manley avait prévenu que le ralentissement économique et certaines dépenses imprévues permettaient d'entrevoir un surplus moins important que prévu.

En plus de ces questions de collaboration entre provinces pour corriger le déséquilibre fiscal fédéral-provincial, MM. Charest et Doer ont abordé la question du développement hydroélectrique.

M. Charest a fait part de son intérêt pour les besoins grandissants et urgents de l'Ontario. Il compte d'ailleurs aborder la question avec son homologue ontarien Ernie Eves lorsque celui-ci se rendra à North Hatley, au début du mois de juillet, avant la conférence des premiers ministres. «On est ouverts au Québec. On a des ressources énergétiques, mais qui sont en quantité limitée aussi chez nous», a affirmé M. Charest.

Le premier ministre du Québec s'est montré intéressé à l'idée de relancer les grands projets hydroélectriques mais dans la mesure où ceux-ci pourront être réalisés dans le contexte du respect du déficit zéro.

De son côté, le premier ministre Doer a décrit son homologue québécois comme un homme qui saura faire avancer la cause commune des premiers ministres provinciaux plutôt que de susciter et d'entretenir des querelles constitutionnelles. «Avec un fédéraliste convaincu, nous pouvons nous atteler à améliorer le Canada et les provinces pour le bien de nos concitoyens», a lancé M. Doer.