L'Auberge Grand-Mère tombe sous le pic des démolisseurs

L'Auberge Grand-Mère, qui a été au cœur du scandale politique «Shawinigate», tombait hier sous le pic des démolisseurs, et, avec elle, une page d'histoire du fief de l'ancien premier ministre Jean Chrétien.

Une pelle mécanique a entrepris, hier matin, la démolition du plus vieux bâtiment du secteur Grand-Mère de la municipalité de Shawinigan, laissé à l'abandon depuis deux ans.

Pourtant, l'auberge, érigée en 1897, avait été cité monument historique par le conseil municipal de Shawinigan il y a deux ans. Une entreprise avait amorcé des travaux de restauration, mais avait finalement jeté l'éponge à cause d'une flambée des coûts.

Un incendie d'origine criminelle avait en 2004 sérieusement endommagé l'oeuvre d'Edward Maxwell, celui-là même qui a imaginé le Château Frontenac, à Québec. Son propriétaire, Yvon Duhaime, avait été montré du doigt et avait dû faire face à la justice. Il avait finalement été acquitté de toutes les accusations qui pesaient contre lui.

Le haut lieu de la gastronomie du Centre-de-la-Mauricie avait aussi été au centre du scandale du «Shawinigate», qui avait fait grand bruit partout au Canada. Dans la seconde moitié des années 1990, des médias ont laissé entendre que le premier ministre Jean Chrétien — également député de Saint-Maurice — avait fait pression auprès du dirigeant de la Banque de développement du Canada afin qu'il donne son feu vert à une demande de prêt de son ancien associé, Yvon Duhaime, qui souhaitait faire agrandir l'auberge.