Comité permanent de la sécurité publique - Les coûts de la sécurité au G20 ne pouvaient être plus bas, dit Toews

Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a tenté de justifier devant le comité permanent de la sécurité publique les frais de près d’un milliard de dollars qu’a coûté la sécurité du G8 et du G20. <br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, a tenté de justifier devant le comité permanent de la sécurité publique les frais de près d’un milliard de dollars qu’a coûté la sécurité du G8 et du G20.

Ottawa — Il est vrai que les sommets du G8 et du G20 ont coûté cher du point de vue de la sécurité. Mais c'était la seule manière d'assurer le succès sécuritaire des événements, a affirmé hier le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews.

Quatre mois après la conclusion de ces sommets controversés, M. Toews a tenté de justifier devant le comité permanent de la sécurité publique les frais de près d'un milliard de dollars qu'a coûté la sécurité des deux événements. «Le déroulement sans heurt de ces sommets a nécessité un travail énorme sur le plan de sécurité», a-t-il dit. «Les comptes ont été plus élevés que voulu, certes, mais il était impossible de faire autrement.» Pour le ministre, «la sécurité coûte cher, mais on ne peut s'en passer. Nous avons l'obligation d'assurer le niveau adéquat de sécurité».

Fort bien, ont répliqué les membres du comité, mais fallait-il vraiment investir un milliard? Pourquoi, par exemple, ne pas avoir tenu les deux sommets à Toronto? À cela, aucune réponse précise. Le ministre Toews a indiqué avoir pris la décision de tenir le G20 à Toronto sur les conseils du haut fonctionnaire Ward Elcock et de différents experts. Mais il a été incapable de se rappeler précisément quels conseils lui avaient été donnés.

Interrogé à son tour, M. Elcock s'est borné à dire que la décision avait été prise sur les recommandations de plusieurs experts, mais qu'au bout du compte, c'est le ministre qui l'a prise. La responsabilité a ainsi été rejetée d'un intervenant à l'autre, ce qui a exaspéré certains députés.

Vic Toews n'a pas voulu s'expliquer non plus sur les arrestations massives (plus de 1000) survenues durant les trois jours du sommet. Il a mentionné qu'il ne voulait pas politiser les opérations policières, et que c'est aux corps policiers de décider s'il y a eu conduite inappropriée de la part des agents de police.

M. Toews risque néanmoins d'en entendre parler de nouveau. Hier, la Commission interaméricaine des droits de l'homme de l'Organisation des États américains (OEA) a entendu à Washington les doléances de la Ligue des droits et libertés (LDL) et de deux autres groupes sur des allégations de violations de droits de la personne lors des sommets. Selon la LDL, la commission a pris ces allégations «très au sérieux» et fera parvenir au gouvernement un certain nombre de questions pour tenter d'éclaircir le tableau.
2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 26 octobre 2010 09 h 17

    Un MILLIARD!

    Trois jours, un MILLIARD de $: ben cou donc!

  • Denis Miron - Inscrit 26 octobre 2010 13 h 10

    Sécurité publique, mon oeil!

    «Sécurité publique» : Suite aux évènements du G20 ce concept est certainement devenu le plus démonstratif de l’usage Orwellien qu’il en est fait dans l’exercice du pouvoir par ce gouvernement. Orwell, dans sa critique du totalitarisme nous démontre comment les mots sont utilisés à contre-sens par le pouvoir :«La paix, c’est la guerre et la liberté, c’est l’esclavage…» Et dans le même ordre d’idée, on voit le ministère de la sécurité publique devenir le ministère de la répression publique… 1000 personnes arrêtées brutalement et sans discernement en contournant la loi qui oblige la police (de la pensée) à offrir aux personnes arrêtées, l’accessibilité à un avocat dans un délai de 24 heures.

    Et pour dissuader la société civile d’exprimer sa dissidence, le pouvoir politique aurait-il mandaté sa police d’employer pour l’occasion un «traitement de choc»( l’expression est de Milton Friedman) en usant d’une sur-dose de brutalité?
    Et voilà que le ministre de la répression publique transfert sa responsabilité de juger de ces actes de violence à ceux qui les ont commis. Quel mépris pour le «public»? Que faut-il comprendre de l’usage qu’il fait de ce mot, car ce n’est pas le public qu’il sécurise, mais ceux qui commettent les méfaits pour une élite politico-affairiste qui déteste qu’on puisse penser autrement qu’eux..