Pas d'interférence politique dans le contrat de rénovation du Parlement, dit le gouvernement

Ottawa — Après des semaines d'allégations de malversation au sujet d'un contrat de rénovation d'un édifice du Parlement, une enquête interne n'a trouvé aucune preuve d'interférence politique, ont affirmé des hauts responsables au ministère des Travaux publics.

Mais la basse soumission de l'entreprise montréalaise LM Sauvé — qui a ensuite obtenu le contrat — a préoccupé le ministère. Au point que des experts externes ont été invités à se pencher sur sa proposition.

Des documents obtenus par La Presse canadienne indiquent que l'offre de 8,9 millions de LM Sauvé était de presque 2 millions inférieure à la plus basse des autres soumissions. Une marge importante, si l'on considère que les quatre autres offres étaient assez similaires, variant au plus de 500 000 $.

Des responsables de haut niveau au ministère ont accepté de parler à La Presse canadienne sous condition d'anonymat pour expliquer pourquoi LM Sauvé a remporté l'appel d'offres.

«Nous en sommes arrivés à la conclusion que leur soumission était un peu plus basse que prévu», a déclaré un responsable.

«Nous avons alors eu un processus formel de révision de la soumission avec LM Sauvé et nous l'avons passée ligne par ligne, item par item. Maintenant, l'argument définitif, si vous voulez, selon lequel ils seraient capables de faire le travail à ce prix, c'est qu'ils allaient effectuer les travaux de maçonnerie eux-mêmes.»

Une recherche de courriels qui a duré trois semaines et des entrevues avec d'anciens et d'actuels employés du ministère n'ont pas permis de trouver de preuve d'ingérence ministérielle, ont indiqué les responsables aux Travaux publics.

Une conclusion qui contraste avec toutes les allusions de l'opposition selon lesquelles l'entreprise aurait obtenu ce contrat en échange de dons au Parti conservateur et d'une soirée de financement organisée pour le remercier. M. Sauvé a d'ailleurs admis avoir engagé et payé 140 000 $ un lobbyiste non inscrit — le partisan conservateur Gilles Varin — pour faciliter l'obtention du contrat.

Mais l'entreprise continue néanmoins d'alimenter la controverse. La récente allégation selon laquelle elle aurait bénéficié d'une modification contractuelle faite sur mesure pour elle — peu de temps avant l'ouverture des soumissions — a soulevé la colère de l'opposition, hier.

Le contrat aurait ainsi été modifié pour permettre à LM Sauvé de se qualifier. Qui a autorisé le changement? On ne le sait pas encore, mais il s'agit de la vraie question, et c'est là que se trouverait l'ingérence politique, a indiqué hier le député libéral Denis Coderre.

Une fois éliminée l'obligation pour LM Sauvé de se soumettre au processus de pré-qualification pour les différentes spécialités de construction, l'entreprise a pu déposer une soumission. Elle avait l'intention de faire elle-même les travaux de maçonnerie, ayant le personnel compétent pour le faire. N'ayant pas été en mesure de réaliser le travail, elle a cependant fait faillite quelques mois plus tard.