L'avocat de Khadr nie les rumeurs d'entente

Baie de Guantánamo, Cuba — Un accord qui amènerait Omar Khadr à plaider coupable pour des crimes de guerre était au cœur du dossier, hier, alors que son avocat canadien niait avec insistance l'existence d'une entente.

Alors que la poursuite et la défense devront rencontrer le juge attitré, l'avocat Dennis Edney a tout de même laissé entendre qu'Omar Khadr n'aurait pas vraiment d'autre choix que d'admettre sa culpabilité quand son procès reprendra, aujourd'hui.

«Tout ce que je peux vous dire, c'est que le procès reprend [aujourd'hui], et qu'il n'y a pas d'entente en ce moment», a dit Edney.

Les avocats de Khadr, le plus jeune prisonnier de Guantánamo Bay, ont confirmé la tenue de discussions préalables pour un plaidoyer, mais ils n'ont pas voulu fournir de détails.

Selon plusieurs rapports, une entente proposée verrait Khadr plaider coupable en échange de huit ans de plus en détention, la majorité au Canada, en plus des huit années qu'il a déjà passées en prison.

La secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, a parlé vendredi au ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, apparemment pour mettre de la pression pour que le gouvernement Harper accepte de rapatrier Khadr.

Khadr, qui a maintenant 24 ans, est incarcéré par les Américains depuis que ces derniers l'ont capturé, gravement blessé, dans les débris d'un bâtiment bombardé en Afghanistan, en juillet 2002, alors qu'il n'avait que 15 ans.

Le Pentagone l'a accusé de cinq crimes de guerre, notamment d'avoir lancé une grenade qui a tué le sergent des forces spéciales Chris Speer et rendu aveugle l'ancien sergent Layne Morris. Ce dernier est arrivé vendredi à la base navale en compagnie de la veuve de Speer, Tabitha.

Khadr est le seul Occidental à Guantanamo confronté à la possibilité d'une peine de prison à vie, s'il est reconnu coupable. Edney a laissé entendre que le meilleur espoir de son client, s'il voulait retrouver la liberté, serait de plaider coupable avant le procès.

Khadr a été torturé et, encore aujourd'hui, il est enchaîné au plancher quand il rencontre ses avocats, a dit Edney. Portant des lunettes fumées noires, Khadr a été vu samedi en train de parler avec des gardes et d'autres détenus au camp numéro 4, où lui et d'autres prévenus, considérés «respectueux de l'ordre», sont incarcérés.

Edney a dit que Khadr était nerveux à l'approche de l'audience prévue aujourd'hui, mais qu'il se demandait surtout pourquoi il était toujours détenu.
1 commentaire
  • Malartic - Inscrit 25 octobre 2010 13 h 45

    Le probleme Omar Khadr

    Je sympatise avec Omar Khadr mais je crois qu'on doit mettre une limite à la sympathie. Omar Khadr est un "enfant soldat" canadien!...
    Qui sont les/le canadien responsable de ce recrutement. En 8 années de captivité à Quantanamo, notre force policière n'a pas trouvé de suspect à amener sur le banc des accusé.
    Pour ce qui est de l'accusation des américain, il me semble que l'armé devrait avoir des soldats qui sont encore "humain" dans chaque peleton, et que l'histoire de sa capture peut être "substancié" de quelque manière crédible.