L'immigration dans la mire d'un groupe canadien-anglais

Ottawa — Hérouxville a fait des petits. Un nouveau groupe contestant les politiques canadiennes en matière d'immigration a vu le jour hier, cette fois au Canada anglais. L'objectif du groupe: resserrer les règles d'entrée au pays et s'assurer que ceux qui viennent s'établir ici sont prêts à des «accommodements» pour respecter les valeurs canadiennes. Plusieurs membres ont des liens avec l'actuel gouvernement.

Le Centre pour une réforme des politiques d'immigration se veut non partisan; il invite les politiciens à ouvrir la boîte de Pandore qu'est la politique d'immigration canadienne. Le groupe estime qu'un trop grand nombre d'immigrants arrive chaque année au pays (environ 260 000, plus près de 180 000 travailleurs temporaires). Selon ce groupe, ce serait un «mythe» que tous ces gens contribuent à atténuer les coûts du vieillissement de la population puisqu'une partie considérable d'entre eux sont plutôt des parents ou des grands-parents non qualifiés acceptés au nom de la réunification familiale.

«Pour que les immigrants fassent une contribution nette, ils devraient payer plus en impôt que ce qu'ils reçoivent en bénéfices, est-il écrit sur le site Internet. Cela n'a pas été le cas au cours des dernières années, les nouveaux arrivants ayant tiré significativement moins de revenus que les Canadiens nés ici.»

Le professeur de l'Université d'Ottawa Gilles Paquet fait partie de ce groupe. Il estime qu'il «faut être prêt à se demander quels sont les critères qui nous permettront de choisir des gens prêts à des accommodements raisonnables». Les immigrants doivent être prêts à accepter trois valeurs canadiennes, dit-il: «l'égalité des hommes et des femmes, la lingua franca au pays, le fait qu'on doit travailler à visage découvert». Il en va, dit-il, d'un «principe de précaution».

Hérouxville

Le conseiller municipal d'Hérouxville et auteur du code de conduite de la ville, André Drouin, est membre du nouveau groupe. Mais la composition de ce dernier étonne surtout par le grand nombre de personnes ayant des liens, actuels ou passés, avec le gouvernement conservateur. Un des principaux conseillers est Derek Burney, ancien ambassadeur aux États-Unis et chef de l'équipe de transition de Stephen Harper en 2006. Margaret Kopala, la présidente du groupe, a été candidate progressiste-conservatrice en 1997 et s'est présentée à une investiture conservatrice en 2006. Herb Grubel est un ancien député allianciste tandis que Peter G. White a été secrétaire personnel de Brian Mulroney en 1988 et en 1989.

Notons que la chroniqueuse et polémiste du National Post Barbara Kay fait aussi partie du groupe.
20 commentaires
  • Mario Jodoin - Inscrit 29 septembre 2010 01 h 28

    Désinformation

    «Selon ce groupe, ce serait un «mythe» que tous ces gens contribuent à atténuer les coûts du vieillissement de la population puisqu'une partie considérable d'entre eux sont plutôt des parents ou des grands-parents non qualifiés acceptés au nom de la réunification familiale.»

    En moyenne entre 2005 et 2009, seulement 2,4 % des immigrants arrivés au Québec étaient des parents ou des grands-parents (page 12 de http://www.micc.gouv.qc.ca/publications/fr/recherc et seulement 1,3 % avaient plus de 64 ans (page 21). Une partie considérable, disent-ils...

    Bref, de la belle désinformation...

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 29 septembre 2010 07 h 30

    ENFIN!

    « ils devraient payer plus en impôt que ce qu'ils reçoivent en bénéfices,»

    Ca fait des années que je dis cela. On nous ment scandaleusement sur l'enrichissement par l'immigration. C'est tout le contraire: la nouvelle immigration nous appauvrit puisqu'elle consomme plus de programmes sociaux qu'elle ne paie d'impot (Selon l'Étude du Fraser Institute, les immigrants en 2002 au Canada ont couté 18 milliards de puis en programmes sociaux qu'ils ont payé en taxes et impots)

    Le futur maire de Toronto est contre l'immigration! Le maire de Toronto, ville la plus multitethnique au monde. Au Québec, on cherche encore le premier politicien qui va enfin dire: basta.

  • Rodrigue Tremblay - Inscrit 29 septembre 2010 09 h 17

    @Mario Jodouin

    En 2001, le Québec comptait 7,125,580 hab.

    Sur les 878,065 personnes âgées de 65 ans et plus ; 124,355 étaient des immigrants, soit 14,1%. Or les immigrants ne faisaient que 9,9% de la population.

    Au lieu d'avoir 87,000 immigrants de 65 ans et plus (ce qui aurait été neutre en termes de vieillissement), on en avait 41,000 de plus! Une surreprésentation de 47% due à tous les programmes de parainage.

    Lorsqu'on sait que chaque personne âgée coute 10,000$ par année en moyenne en soins de santé, avez-vous idée du cout que ça représente sur notre système de santé?
    http://www12.statcan.ca/francais/census01/products

    Québec

  • Rironie - Inscrit 29 septembre 2010 10 h 37

    Un peu irrité par cet article

    Si je comprends bien cet article, les gens faisant parti de ce nouveau mouvement, ne pèchent pas par leurs idées, mais plutôt par leur provenance. C'est comme si on nous disait, "les idées de cette personne ne méritent même pas d'être évaluées, parce qu'on peut facilement l'associé à tel ou tel groupe". Je suis étonné de retrouver ce genre de raisonnement dans Le Devoir.

  • Pierre Rousseau - Abonné 29 septembre 2010 10 h 59

    J'abonde...

    dans le même sens que M. St-Amand et je trouve que c'est une question qui mérite d'être approfondie par tous les Canadiens et l'appartenance politique ne devrait pas être un critère pour décider si les idées exprimées sont bonnes ou mauvaises - on devrait les étudier à leur mérite.

    Il faudrait d'abord avoir des statistiques fiables et on peut se demander si les Conservateurs ne se sont pas tirés dans le pied en abolissant l'obligation de participer au questionnaire long... D'autre part, il y a aussi la question d'inégalités entre les arrivées de réfugiés au pays, comme par exemple les deux poids deux mesures que l'on vient de voir avec l'arrivée du contingent tamoul sur la côte ouest.

    Enfin, il y a la question de la francophonie canadienne et où elle se situe face à l'immigration et si cela peut avoir un impact sur l'érosion de notre langue et de notre culture.