Élections au Nouveau-Brunswick - Les électeurs montrent la porte aux libéraux

En élisant les progressistes-conservateurs avec une majorité écrasante, les Néo-Brunswickois ont assené un cuisant revers un premier ministre sortant, Shawn Graham.<br />
Photo: Agence Reuters Paul Darrow En élisant les progressistes-conservateurs avec une majorité écrasante, les Néo-Brunswickois ont assené un cuisant revers un premier ministre sortant, Shawn Graham.

Fredericton — Les électeurs du Nouveau-Brunswick ont élu hier un gouvernement progressiste-conservateur largement majoritaire, écartant du pouvoir les libéraux de Shawn Graham, qui ont dû reculer sur plusieurs dossiers au cours de leur mandat.

La défaite annoncée des libéraux créera un précédent, jamais un parti n'ayant perdu le pouvoir après un seul mandat à la tête de la province.

Avec les résultats dévoilés dans environ trois quarts des bureaux de scrutin, les progressistes-conservateurs menaient ou étaient élus dans 42 des 55 circonscriptions. Les libéraux menaient ou étaient élus dans les 13 autres circonscriptions.

Le chef progressiste-conservateur David Alward a dit accepter la victoire avec «humilité». Le futur premier ministre a tout de même qualifié sa victoire sans équivoque de chapitre «monumental» dans l'histoire de la province. Il a ajouté que Shawn Graham avait mal géré les finances de la province et pris des «décisions risquées».

M. Alward a affirmé à ses partisans, dans la circonscription de Woodstock, que les Néo-Brunswickois avaient clairement signifié qu'ils étaient prêts pour le changement. Il a promis de construire une province plus forte, qui servira mieux les intérêts de la population.

M. Graham a dit prendre entièrement la responsabilité de la cuisante défaite de son parti et ne pas s'attendre à demeurer chef de la formation. Il a indiqué à ses partisans, hier soir, dans la circonscription de Kent, avoir besoin d'un peu de temps avant de prendre une décision définitive, tout en reconnaissant que la grogne des électeurs reposait sur ses épaules.

Grogne et controverse

L'enjeu central des 32 jours de campagne a été le bilan de M. Graham après quatre ans au pouvoir. Le chef du Parti progressiste-conservateur, David Alward — ancien ministre dans le gouvernement de Bernard Lord jusqu'en 2006 —, a maintes fois accusé M. Graham d'avoir renié ses promesses et d'être revenu sur ses décisions.

Les valses-hésitations des libéraux sur plusieurs questions, y compris la fusion de campus et l'élimination de certains programmes d'immersion française dans les écoles anglaises, ont entraîné de la grogne parmi la population.

Mais c'est la vente avortée de la société Énergie NB au gouvernement du Québec qui a suscité le plus de controverse. L'entente de 4,8 milliards avait été renégociée, puis finalement rejetée parce que trop impopulaire au sein de la population.

Plusieurs ministres libéraux ont essuyé un revers dans leurs circonscriptions, dont le ministre de l'Énergie, Jack Keir, qui a eu du mal à persuader le public des mérites de la vente proposée d'Énergie NB.

Les plus petites formations, y compris le NPD, avaient peu de chances de remporter un siège.

En dépit d'un déficit de 738 millions, MM. Graham et Alward ont tous deux promis l'équilibre budgétaire d'ici quatre ans, sans augmentation des impôts et sans compressions importantes dans les dépenses.

Les chefs des deux principaux partis ont été réélus dans leurs circonscriptions de Woodstock, pour M. Alward, et de Kent, pour M. Graham.

Il s'agit de la première élection à date fixe. Cinq partis étaient dans la course, mais seulement les conservateurs, les libéraux et les néodémocrates présentaient des candidats dans l'ensemble des 55 circonscriptions.
3 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 28 septembre 2010 08 h 46

    Un vote pour le changement

    En votant pour les conservateurs, qui sont généralement allergiques au changement, les New-Brunswichois ont voté pour le changement, nous dit la Presse canadienne. Ils sont aussi mal pris que les Québécois, qui ont élu un gouvernement libéral dirigé par un conservateur.
    Roland Berger

  • Bernard Cormier - Inscrit 29 septembre 2010 15 h 45

    @ Un vote pour le changement

    Monsieur Berger, je regrette de vous contredire mais nous ne sommes pas des "New-Brunswichois" mais bien des Néo-Brunswickois.

    Nous avons voté surtout pour nous débarrasser de Shawn Graham qui, de connivence avec votre Saint Jean Batiste tout frisé qui dirige votre province, voulait vendre Énergie N.B. au Québec.

    Comme si Terre-neuve ne s'était pas mis les pieds dans les plats assez creux avec le Québec, Graham voulait nous mettre dans une situation semblable.

    On l'a tout simplement mis à la porte avec un bon coup de pied au derrière!

    www.bernardcormier.blogspot.com

  • meme moi ici - Inscrite 1 octobre 2010 08 h 44

    changement

    m, Berger ne vous donne pas tord de vous être débarrasser de shawn graham. Laissons passer le temps de la lune de miel , et probablement que vous constaterez qu'un changement plus en profondeur aurait été plus avantageux pour vous et vos concitoyens.

    Cependant, nous du Québec, qui sommes pris avec comme vous le dites si bien, notre
    st-jean baptiste frisé et pourri à l'os, un *ex) conservateur, et peut être pas si ex que cela... tout de même nous n'avons pas de leçon à vous donner et nous le savons croyez moi....
    je ne crois pas que ce soit le but de l'intervention de M. Berger, et ce n'est pas la mienne, mais cette réflexion, nous avons peut-être besoin de la faire avec vous, car nous savons très bien que ici aussi nous avons besoin d'un changement politique majeur. alors la porte est ouverte au dialogue constructif…