Ignatieff amorce sa nouvelle tournée dans Outremont

Le candidat libéral dans Outremont, Martin Cauchon, et la députée de Notre-Dame-de-Grâce–Lachine, Marlene Jennings, entouraient hier Michael Ignatieff lors du premier «Micro ouvert», à Outremont.<br />
Photo: Agence Reuters Christinne Muschi Le candidat libéral dans Outremont, Martin Cauchon, et la députée de Notre-Dame-de-Grâce–Lachine, Marlene Jennings, entouraient hier Michael Ignatieff lors du premier «Micro ouvert», à Outremont.

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, repart en tournée. Cette fois, il animera des séances de questions-réponses avec les citoyens dans différentes villes du pays, un exercice intitulé «À micro ouvert». Et ce n'est pas un hasard si son premier arrêt, hier soir, était dans la circonscription d'Outremont, à Montréal, qui fera l'objet d'une lutte serrée aux prochaines élections.

Détendu, souriant, les manches roulées jusqu'aux coudes, Michael Ignatieff a passé près de deux heures dans une petite salle communautaire du chemin de la Côte-des-Neiges à discuter avec des citoyens, la plupart favorables au PLC. Tout le discours d'ouverture du chef libéral a été prononcé en français. «On ne peut pas être un bon leader si on n'est pas à l'écoute des Canadiens. C'est ce que j'ai appris dans ma tournée cet été. Il faut parler de ce qui préoccupe les gens, comme l'économie, l'éducation, les soins à domicile», a dit Michael Ignatieff.

Un peu plus de 250 personnes se sont déplacées. D'autres étaient sur le site Internet du parti pour participer en direct. Les questions de la salle n'étaient visiblement pas préparées dans le but d'épargner le chef libéral, puisqu'elles se dirigeaient dans toutes les directions. Le premier citoyen à se présenter au micro a dit être devenu cynique envers les politiciens en raison de la «corruption» qui règne et du scandale des commandites. «Vous allez faire quoi pour changer ça?», a lancé l'homme dans la trentaine.

C'est l'ancien ministre Martin Cauchon, candidat dans Outremont aux prochaines élections, qui a saisi la balle au bond. Selon l'ex-député dans le gouvernement Chrétien, qui a esquivé la portion de la question sur les commandites, les politiciens doivent «être guidés par des principes», ce qui aidera les gens à reprendre confiance. «C'est ce que j'ai fait comme ministre de la Justice, lorsque j'ai autorisé les mariages gais. Certains ont dit que ma carrière politique était terminée. Mais on s'est tenu debout.»

D'autres questions ont porté sur les changements climatiques, l'éducation en anglais au Québec, la sécurité dans les rues, la difficulté des immigrants à trouver un emploi... La plupart posées en anglais.

Une lutte serrée

Le choix d'Outremont pour le premier «micro ouvert» n'est pas un hasard. La lutte électorale s'annonce serrée, alors que le député Thomas Mulcair, du NPD, ratisse la circonscription depuis bientôt trois ans, solidifiant les bases de sa victoire-surprise lors de l'élection partielle de septembre 2007. En 2008, il a conservé son siège avec 2343 voix d'avance sur le candidat du Parti libéral du Canada, l'acteur Sébastien Dhavernas.

D'ailleurs, à l'origine, le PLC souhaitait tenir l'événement d'hier pour mettre en relief le fait que le NPD a échoué à sauver le registre des armes à feu, un enjeu important dans une circonscription qui a vécu le drame de Polytechnique. Mais puisque Jack Layton et Thomas Mulcair ont réussi in extremis à rallier suffisamment de députés néodémocrates pour garder le registre en place, la séance a été transformée en séance ouverte au public, la première d'une longue série au Canada.

Martin Cauchon a été député d'Outremont de 1993 à 2004. Il vit dans la circonscription, et son réseau de contacts est vaste. «Ce sera une bonne bagarre, mais je suis convaincu que je vais gagner. Il ne faut pas être arrogant, sauf que j'ai 10 ans de terrain politique dans le corps ici. Les gens me connaissent», dit-il en entrevue.

Martin Cauchon multiplie les événements depuis quelques mois, afin d'augmenter sa visibilité. Le parti lui confie également un plus grand rôle médiatique. Son équipe se met tranquillement en place. «On a eu une réunion de notre exécutif élargi la semaine dernière», dit-il, ajoutant qu'il est maintenant «en campagne permanente» d'ici le prochain scrutin.

L'ancien ministre estime que la présence de Michael Ignatieff hier soir envoie un signal. Non seulement la circonscription est importante, mais le parti est également en mode écoute. «On donne la parole aux gens et on écoute leurs suggestions. Ça va nous permettre de mettre en place une plate-forme électorale qui colle à la réalité.»
1 commentaire
  • meme moi ici - Inscrite 1 octobre 2010 20 h 24

    faites votre travail , ce sera plus profitable que des tournées, mais nous ne sommes pas habitués de se fier sur les libéraux pour cela

    Le projet de loi du Bloc québécois pour bonifier l'assurance-emploi a été rejeté mercredi par les conservateurs appuyés par un bon nombre de députés libéraux.

    quand les partis d opposition se mettront ils ensemble pour une réforme en profondeur de la loi de l assurance emploi. pour améliorer le sort des gens de toutes régions, ou dans les secteurs comme la forêts, la pêche, le tourisme..
    quand les conservateurs et les libéraux remettront ils les 56 milliards volés aux travailleurs qui. perdent leur emploi.. ..
    Ignatieff a l'image de son parti... a indiqué que pour lui, le projet de loi n'était pas important. D'une certaine façon, il s'est rangé du côté des conservateurs, contre les personnes au chômage.