G8-G20 - L'opposition dénonce l'orgie de dépenses

Le leader parlementaire du gouvernement, John Baird, a répliqué aux critiques en affirmant qu’Ottawa «dit depuis le début que la majorité des coûts [du G8 et du G20] étaient pour la sécurité».<br />
Photo: Agence France-Presse (photo) Don Emmert Le leader parlementaire du gouvernement, John Baird, a répliqué aux critiques en affirmant qu’Ottawa «dit depuis le début que la majorité des coûts [du G8 et du G20] étaient pour la sécurité».

Ottawa — Les centaines de milliers de dollars dépensés à Toronto et Muskoka pour des goûters, des lotions antimoustiques ou des bâtons lumineux représentent des dépenses «farfelues» digne d'une orgie, ont dénoncé hier les partis d'opposition. Mais le gouvernement persiste: la plupart des coûts des sommets du G8 et du G20 concernaient la sécurité et étaient absolument nécessaires.

Au lendemain du dévoilement du détail d'un peu moins de 20 % (200 millions) des coûts totaux des deux sommets internationaux, l'opposition a tiré à boulets rouges sur le gouvernement conservateur, accusé de «gaspillage».

On voit, dans ces dépenses, des frais de 2,8 millions pour la location de voitures par la GRC, 439 000 $ pour des toilettes chimiques, 1,4 million pour des câbles de communication, 14 000 $ pour des bâtons lumineux (glow sticks) ou 85 000 $ pour des grignotines livrées dans un hôtel.

«Les Canadiens ont été épouvantés d'apprendre ces chiffres», a lancé le chef adjoint des libéraux, Ralph Goodale, durant la période de questions. «Comment justifier cette orgie d'excès?»

Le leader parlementaire du gouvernement, John Baird, a répliqué qu'Ottawa a «dit depuis le début que la majorité des coûts étaient pour la sécurité. [...] La violence et la destruction que nous avons vues ont prouvé que nous avions besoin d'une sécurité aussi rigoureuse.»

M. Baird a ajouté que le Canada «ne pouvait refuser» de tenir ces deux sommets. «Ça fait partie de nos responsabilités», a-t-il dit en lisant... une citation de l'ancien premier ministre Jean Chrétien, qui affirmait que l'argent investi dans ce genre d'événement «coule dans l'économie canadienne et augmente le prestige du Canada».

Et le reste?

En point de presse, M. Goodale a indiqué avoir trouvé «vide» la réponse donnée par John Baird. «Premièrement, les dépenses révélées sont extravagantes et parfois ridicules, si on pense au vaporisateur antimouches. Deuxièmement, ça ne concerne que 200 millions: nous ne savons toujours pas comment a été dépensé le milliard restant. Puis, nous ignorons également combien de contrats ont été donnés sans appel d'offres», a souligné M. Goodale.

Selon le leader parlementaire du Bloc québécois, Pierre Paquette, le détail des premiers 200 millions montre «qu'il y a énormément de choses là-dedans qui semblent être des dépenses exagérées, inutiles, farfelues. Ç'a été carrément un "bar ouvert" de dépenses.» La défense de M. Baird ne l'a pas convaincu non plus. «Il s'est camouflé derrière le même argument qu'au printemps, lorsqu'on s'inquiétait déjà de la dérive qui se produisait.»

M. Paquette a demandé que le gouvernement «dépose le plus rapidement possible l'ensemble de la documentation pour qu'on soit en mesure d'évaluer jusqu'à quel point il y a eu de l'irresponsabilité».