Denis Coderre embrasse le financement populaire

Ottawa — Au tour de Denis Coderre de s'inspirer de René Lévesque. Le député libéral fédéral de Bourassa a décidé qu'il appliquera de manière volontaire les principes du financement populaire dans sa circonscription. Désormais, ses militants ne pourront lui verser plus de 400 $ par année.

«Je n'accepterai plus aucune contribution de plus de 400 $», explique M. Coderre dans une entrevue donnée au Devoir. «J'ai décidé d'y aller avec le financement populaire.»

La loi électorale du Canada limite à 1100 $ le montant qu'un individu peut verser à chacun des partis politiques de son choix au cours d'une année. Cette règle, introduite en fin de règne par le premier ministre Jean Chrétien, avait eu pour effet d'appauvrir le Parti libéral du Canada, abonné aux généreux dons des grandes entreprises et riches gens d'affaires.

Lorsque M. Coderre était le lieutenant québécois de Michael Ignatieff, il avait souhaité imposer cette règle des 400 $ à l'ensemble du PLC dans la province, mais la proposition «n'a pas débloqué», raconte-t-il. Il prend donc les devants à titre personnel.

D'ailleurs, M. Coderre tiendra lundi prochain un cocktail-bénéfice. Il a vendu 350 billets à 200 $ chacun et il n'a permis à personne d'en acheter plus de deux. «Les personnes présentes seront celles qui auront pu s'acheter les billets», croit-il. Il s'engage aussi à diffuser dans Internet l'identité de tous ses donateurs. Élections Canada le fait déjà, mais seulement pour les personnes ayant donné 200 $ ou plus.

L'association de circonscription de M. Coderre avait pris un retard de financement lorsque celui-ci avait claqué la porte, en automne dernier. Elle affichait un déficit de près de 21 000 $, ce qui en faisait la septième association du pays pour la faiblesse des moyens financiers, en date du 31 décembre dernier, selon une compilation effectuée par l'hebdomadaire Hill Times.

«Tout a été payé depuis», assure M. Coderre. Maintenant qu'il a repris du galon, ayant décroché le poste de critique en matière de ressources naturelles notamment, il s'est remis à la tâche de ramasser des fonds.